ENTRE EAU, VIN ET BIÈRE, UNE FONTAINE QUI N’A PLUS LA RAGE
Une fontaine qui si elle n’a pas vraiment de nom officiel pour les Bisontin(e)s semble clairement dédiée à Louis Pasteur. Qui eut, qui sait, préféré que bière et vin y coulent -les deux boissons sur lesquelles il a vraiment bossé. De toutes façons, ça fait un paquet d’années que même l’eau n’y glougloute plus.
Construite en 1732 par un Claude Baron dont, perso, on ne sait rien, cette fontaine n’est à l’origine qu’une simple niche en pierres de Chailluz, juste entourée de deux petites colonnes. Niche qui, en 1899, accueille un buste de Louis Pasteur et quelques sculptures dont un chien, forcément enragé, qui semble vraiment vouloir se barrer de la fontaine pour mordre toute la rue du Lycée et peut-être bien la rue Pasteur aussi. Ensemble sculpté par on ne sait absolument pas quel artiste, juste qu’il y a eu souscription pour l’élever… On est plutôt au top pour les infos historiques sur ce coup là, non ?

Le Louis sculpté par on ne sait qui… © La Cédille.
Elle prend le nom qu’on veut bien lui donner cette fontaine : du collège ? Ça marche, puisqu’elle à été aménagée au long du mur de l’encore collège des Jésuites, virés de France en 1765. Après la Révolution, le collège devient école centrale puis lycée d’état. Et ne prend le nom de collège Victor-Hugo qu’à la mort de l’écrivain (entre autres plein de talents) en 1885. Et si tu veux l’appeler Pasteur, cette fontaine, tu as complètement le droit aussi, parce qu’entre les sculptures évoquées plus haut, son nom écrit sur la plaque de bronze d’où un robinet faisait autrefois couler de l’eau et, de part et d’autre, les deux autres plaques (de marbre celles là) qui évoquent la vie et les découvertes scientifiques principales de Louis Pasteur : nul doute n’est possible, elle est bien dédiée au génial savant comtois.
Élève et prof en même temps
D’autant qu’après Arbois, Louis Pasteur a fait quelques années de sa scolarité derrière cette fontaine. Et que bien avant de prendre le nom de Victor Hugo, l’établissement s’appelait lycée Pasteur. Quand Pasteur y rentre, c’est -Restauration et Monarchie de Juillet oblige- le collège royal de Besançon. Après quelques allers retours entre Paris et Arbois, il a, à Besançon, son nom en 1840, sur la liste des lauréats du bac de lettres puis, en 1842, sur celle du bac en sciences mathématiques. Ce qui ne l’empêche pas entre deux bachots d’enseigner au Collège Royal de Besançon (maître d’études on disait).

Quand il y a pile dix ans, l’eau y coulait encore. © Fontaines de France.
Un histoire bizarre (enfin qu’on nous a rapportée), le monument-fontaine consacré à Pasteur en 1899 n’a été officiellement inaugurée qu’en 1902 dans la foulée de la statue de Hugo à Granvelle. Le maire de l’époque devait être plus littéraire que scientifique (il était pourtant horloger…) Parce que si l’on compte en nombre d’années passées à Besac, c’est Pasteur un-Hugo zéro. Et si on rajoute que le père de Louis, Jean-Joseph Pasteur est né au 53 rue d’Arène (une plaque le rappelle) dans une famille de tanneurs, nombreuses dans ce quartier… Pas grave parce que celui qu’on peut considérer comme un des plus grands savants de tous les temps à quand même rue, place et même toujours un lycée à son nom à Besançon.
F.P.C.
✪ Fontaine du Collège (ou fontaine Pasteur) : 8, rue du Lycée (La Boucle). Accès : bus lignes 4, 6, 10, ou B1 et 2, arrêt Mairie.






