Abonné aux agences d’intérim, pratiquant de toutes ou presque les glisses entre villes (où la descente reste son kiff ultime) et nature sauvage, écrivain, poète, essayiste (et guitariste) à ses heures, portrait d’un rider bisontin pas comme les autres.
Ce n’est pas sur un de ses spots bisontins préférés que l’on a rencontré Vincent Boucard mais par téléphone, de retour d’un ride sur une de ces jolies petites routes que planque la montagne ardéchoise, où les voitures se font rares sinon absentes à certaines heures. Ardèche où Vincent bosse le temps d’une saison dans l’hôtellerie, lui qui se définit comme « touriste professionnel » (on pourrait aussi écrire travailleur itinérant…) avec pas moins de 136 expériences (à ce jour…) professionnelles alignées dans son C.V.. D’aucuns diront inconstance, Vincent répond « polyvalence et adaptation, comme pour les sports de glisse ». Un choix de vie, quoi.
Toute une histoire
Vincent, son kiff avec la glisse a démarré tôt. En 1988, quand le daron offre à Vincent et au petit frérot des skates pour tester le super goudron tout neuf dont le village, à une trentaine de bornes de Besac, vient d’enrober ses trottoirs. Village qui abrite la ferme familiale. Le destin de Vincent semble déjà écrit : il fera paysan comme papa, s’inscrit au lycée agricole de Dannemarie-sur Crête. C’est dans les Alpes, parti pour passer un B.T.S. toujours dans le trip agricole qu’il découvre, en 1993, une autre glisse : le ski. Puis, en 1995, à Paris, où Vincent faisait son service militaire chez les keufs, qu’il en découvre une autre : le roller en ligne, « un extraordinaire moyen de déplacement, un espace infini de liberté ».Mais bon, histoire compliquée, terminée l’envie de devenir paysan, Vincent enquille petits boulots sur petits boulots. Découvre entre quelques uns , le surf « une véritable claque ». Et s’offre quelque curls au creux des vagues du Maroc au Portugal en passant évidemment par la côte basque et une escapade en body board à Brighton en Angleterre.

Free ride au long d’une route ardéchoise. © Solène Colas.
Nouvelle révélation au Bucolik Festival à Montreux avec un funiculaire comme celui de Bregille (Vincent habite à deux pas) mais celui-là fonctionne et t’emmène au dessus d’une pente que tu n’as qu’une envie : la descendre quelque soit ton moyen de locomotion : skate (long ou court), drift bike, rollers… Et c’est en 2005, au Bucolik, que Vincent découvre la free board Alpha, une planche de skate, censée avec ses six roues reproduire les sensations du snowboard mais sur route. Nouvel engin aussitôt adopté par Vincent pour rider.

Tout est dit dans le titre du premier recueil de poésies publié… © Books on Demand.
Sinon, comme toutes celles et ceux qui ont déjà posé leurs pieds sur une board ou enfilé une paire de roller, Vincent matait des vidéos sur les réseaux mais sentait qu’il « n’avait pas les moyens d’en faire d’attrayantes » donc s’est « réfugié dans la littérature ». Une passion pour l’écriture née d’un échange épistolaire (sur papier et sous enveloppe avec timbre, alors que les mails existaient déjà… Chapeau bas) avec une amoureuse allemande et, quand il bossait à Chamonix (où, qui sait, on l’a peut être croisé à La Cantina où l’on avait également pris quelques habitudes), d’une ascension du Mont-Blanc qu’il a eu envie de coucher sur papier. Il a depuis publié une recueil de poésie Une Glisse Libre (pas un hasard, le titre, Vincent n’a pas, mais alors pas du tout, l’esprit de compétition), un roman Ça Part en Free Ride puis un autre, comme il le dit de tous ses bouquins « facile à prendre en main, lu facilement » et pour le coup, vraiment autobiographique Rollers & Skate Buissonniers.

Toujours aussi buissonniers les rollers de Vincent. © Solène Colas.
Enfin, on ne sait plus sur quel chaîne obscure du net, Beidbeger s’était permis de dézinguer le roman-essai lui aussi autobiographique Sport Extrême et Effondrement signé, toujours, Vincent Boucard. Ça devait être l’époque où il alignait plus de traces sur les capots de bagnoles que dans la neige, le Frédéric. Vincent, lui, mène une vie pas d’ascète mais presque, entre yoga, pilate et bouffe plutôt diététique. De bonnes habitudes qui permettent de persister à rider au quotidien quand ton âge commence à se compter en demi-décennies… Sinon, Vincent Boucard est aussi guitariste à ses heures, une manière de continuer à glisser… sur des cordes.
F.P.C.
LES SEPT LIEUX DE VINCENT BOUCARD
– Slide box : « parce que c’est LE shop de skateboard et un lieu de rencontres… »
– La Rodia : « parce que c’est LA salle des musiques actuelles… Ambiance mythique… »
– La rue des Fusillés : « pour le symbole d’un lieu dur à pratiquer en roller… ».

© Vincent Boucard
– La porte antique : « et non pas noire ! Et parce que c’est le plus vieux monument de Besançon… »
– Le pont Battant : « centre névralgique de la ville… ».

© Vincent Boucard.
– La médiathèque Pierre Bayle : « et bien, pour lire bien sûr… »
– L’avenue Foch : « pour la planche… ».
Et si tu veux en savoir (largement !) plus sur Vincent, son site internet : https://www.vincentboucard.com






