Entre bar de quartier et resto ouvrier, une adresse qui ne voit pas passer le temps, comme son taulier qui navigue entre comptoir et salle depuis une bonne trentaine d’années.
On l’avait gardée sous le coude (posé sur le comptoir, le coude évidemment) cette adresse là. Même pas positionnée sur Google Maps®. Connue juste des habitué(e)s. Et là bim, en l’espace de quelques jours, on découvre que un, le Café du Pont a désormais des pages Facebook et Insta. Et que deux, l’Est Républicain® consacre un article à ce bistrot. En même temps, à l’heure du café (qui se transforme un peu plus tard en heure du rosé…) la lecture en commun du journal comme on dit ici genre il n’y en a qu’un … à la table –toujours la même- des retraité(e)s du quartier (un quartier qui, ici, va de Velotte à Beurre) tourne parfois à la pièce de théâtre.

Et si après l’eau, on passait à autre chose ? © Amicale des Pêcheurs.
Ensuite débarquent ceux qui sont allés taquiner le gougeon dans les eaux du Doubs, au long du chemin de Mazagran. Et, entre les tournées, les discussions tournent, elles aussi, souvent autour du triptyque « pêche, chasse et traditions ». Puis s’installent pour l’apéro, d’autres clients, de ceux qu’on croisent dans pas mal d’autres bons vieux bistrots de quartier (hé, mais nous c’est pour le boulot) et c’est le moment des comments sur l’actu du jour, de la dernière blague chopée à un autre comptoir. Ambiance…
Chez le Pat mais presque chez Alexandre Dumas
À l’heure du déjeuner, la salle s’emplit de mecs du B.T.P. qui bossent dans le coin comme de commerciaux en costard-cravate. Pour une cuisine familiale, très tradi : rillettes, tripes, boudin, choucroute, rognons de veau… On croirait se plonger dans le Grand Dictionnaire de la Cuisine Française signé au XIXe par Alexandre Dumas (ouaip, celui du Comte de Monte-Cristo).
Et on te prévient au passage, quand il y a tête de veau le jeudi, t’as plutôt intérêt à réserver et bien à l’avance. Les après-midi s’écoulent ensuite, tranquilles comme le Doubs qui coule à deux pas, jusqu’au retour de l’apéro du soir. Des apéros qui ne s’éternisent pas. Parce que Pat, le patron qui a dépassé d’une bonne décennie, l’âge de la retraite (mais qui fait dix sinon vingt ans de moins que son âge) a encore sa journée du lendemain à préparer.

Longtemps qu’il est là, celui là. © D.R.
Franchement, on ne sait pas depuis quand il est posé là ce café du Pont. Devait bien, vu la taille du bâtiment, s’y dresser un relais de diligence sur l’ancienne route de Lyon. Le bistrot (épicerie, mercerie, boucherie, charcuterie…) a du ouvrir à l’époque (1883) de la construction du pont de Velotte. Et on croise les doigts pour qu’il soit là pour encore longtemps. Comme « le Pat », accueillant patron des lieux.
F.P.C.
✪ Café du Pont : 23, avenue de la 7ème Armée Américaine (Casamène-Velotte). Ouvert, en principe tous les jours sauf le dimanche après-midi, de plutôt tôt le matin jusqu’à plus ou moins tard le soir. Déjeuner du lundi au vendredi.





