Alors voilà, Bruno a une cliente devenue amie et son prénom, c’est Hélène. À eux deux ils forment la librairie Reservoir Books. Dont, comme, c’est un de nos dealers de bouquins préférés de la ville (sinon de France), on espère fortement qu’un de ces quatre, le tac, tac, tac des mitraillettes (des éditeurs) ne reviennent pas à l’attaque.
Bruno est libraire, depuis une trentaine d’années. Dans une autre vie, il a (entre autres trucs) vendu des brosses à dents pour chiens à des vétos. Et pour avoir, comme libraire (pas comme vendeur de brosses à dent pour chiens ; mais, ça fait quelques jours qu’on réfléchit à la question, les goûts des dentifrices fournis avec, avaient l’air plutôt cools…) bossé dans de grandes librairies généralistes (entre Campo et l’Intranquille en passant par la FNAC quand cette enseigne vivait ses bonnes années), s’est imposée à lui l’idée d’ouvrir une librairie. Sa librairie. De celles dont il devrait exister au moins une par ville (y’en a même une à Poligny, pour dire) où avant d’être client(e), tu es lectrice-lecteur et peut-être -sûrement même- peux-tu devenir un(e) ami(e) dont on connaît les goûts donc qu’on peut conseiller, en toute sincérité, tel ou tel ouvrage. Parce que chez Reservoir Books, tous les bouquins sont lus par le duo qui anime le lieu, Bruno donc et Hélène, cliente devenue amie -puisqu’on en parlait…- puis associée.

© Petit arrangement (entre amis) avec le photographe de plateau de Tarantino et La Cédille.
Reservoir Books, sauf si tu étais dans le coma pendant quelques décennies de cinéma, tu dois avoir la réf : le Reservoir Dogs de Tarantino, le Quentin, « pape de la pop culture » d’après Bruno. Une culture pop, très -trop…- longtemps considérée en France comme une sous… culture. C’est pourtant le concept de Reservoir Books : une sélection serrée (tu ne trouveras pas whatmille références en rayon, « less is more » comme le balance en anglais dans la conversation, Bruno, immense fan et connaisseur de la littérature américaine) autour d’une pop culture au sens large : des écrivains de la Beat Generation des Fifties aux mangakas d’aujourd’hui en passant par un joli rayon « livre jeunesse » (domaine privilégié d’Hélène), derrière des vitrines que l’équipe n’hésite pas à graffiter.

Fauteuil pop pour, comme le dit Bruno, des « instants de lecture ». © La Cédille.
Une librairie pas comme les autres, qui pousse le sens du détail jusqu’aux papiers cadeaux imprimés rien que pour eux et en édition limitée. Mais qui a bien galéré ces derniers temps, jusqu’à lancer (même si Bruno n’était pas hyper chaud sur le coup) une cagnotte pour régler quelques dettes. Sous l’intitulé On ne voudrait pas crever : one more time, encore une fois, si tu n’as pas la réf, pousse la porte de Reservoir Books, tu vas en choper quelques autres. Cagnotte qui leur a –« non mais non, c’est pas possible »- prouvé l’attachement à ce qui est, pour celles et ceux qui en passent la porte, plus qu’une librairie et d’auteurs comme Jacky Schwartzmann et Laurent Chalumeau qui se sont fendus d’un bouquin dont tous les droits d’auteurs vont évidemment à Reservoir Books et dont le millier d’exemplaires du premier tirage s’est écoulé en pas beaucoup plus d’une semaine…

Pour faire le plein d’excellents bouquins. Et, à l’occasion, rencontrer de tout aussi excellent(e)s autrices-auteurs parfois venu(e)s depuis le bout du monde. © La Cédille.
Événement symbolique d’une librairie pas comme les autres (on a l’impression d’avoir déjà écrit ça quelques lignes plus haut, mais un peu la flemme de se relire…). Librairie dont La Cédille vous incite sincèrement à longer les rayons et à rencontrer l’équipe. Ouaip, elle est nulle cette phrase, mais, vas-y toi, trouve une chute (c’est du jargon journalistique, au cas où) à cet article. Mais finalement, on la tient cette chute. Lors de son premier entretien d’embauche pour devenir libraire, Bruno avait entre lui et son futur patron, posé Le Libraire, bouquin discrètement culte du Québécois Gérard Besset. Le boss en a feuilleté quelque pages, Bruno a été embauché dans la foulée. Comme quoi, comme Bruno l’affirme « un livre peut changer la vie ». Ce, sur quoi, on ne peut que tomber d’accord.
F.P.C.
✪ Reservoir Books : 6, rue Gustave Courbet (La Boucle). Vraie librairie, à l’ancienne, mais qui a quand même, hein, pages Facebook ( https://www.facebook.com/librairiereservoirbooks.) et Insta (https://www.instagram.com/librairiereservoir/).Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt Révolution.






