Le square Saint-Amour fait les gros titres ces derniers temps chez nos collègues. On va en rajouter une couche (de gravier) en vous racontant l’hier et l’aujourd’hui de ce square qu’on peut ranger dans la catégorie des plus anciens de la ville.
L’histoire, relatée chez certain(e)s de nos collègues, ces deux-trois derniers jours autour de la « sécurité renforcée » du square Saint-Amour ressemble tellement à une blague qu’on aurait pu croire à un article de L’Écho de la Boucle (qui nous manque, franchement ! Hé, les gars, les filles, si vous vous décidiez à écrire à nouveau des conneries, ça nous ferait du bien…). L’accès au square est donc fermé la nuit par une chaîne. Ce qui, au passage (c’est le cas de l’écrire…), était déjà le cas auparavant mais la chaîne est, cette fois, toute neuve donc rutilante et vachement plus imposante, des fois que ça la rende un peu plus difficile à enjamber (peut-être même qu’il est difficile de se glisser sous ses solides maillons…). Bref, on ne va pas rajouter quelques rimes en « ique » à la polémique qui agite les commentaires sur les réseaux sociaux. Quoique… Il en serait quelques unes qui iraient bien à la conférence de presse façon Trump de Ludovic Fagaut en plein air, mais avec pupitre, parapheur et tout et tout.

On fait la chaîne au square Saint-Amour. © La Cédille.
Bon, on ne va pas blâmer le nouveau maire de Besançon (entre autres mandats) de, comme n’ont pas manqué de le tacler certain(e)s sur les rézos, flatter son électorat bourgeois. Parce que le quartier du square Saint-Amour doit se classer parmi les plus bourges de Besançon. Mais, dommage, ses habitant(e)s ont, si l’on en croit les stats des bureaux de vote du centre historique plutôt offert une confortable majorité à Anne Vignot.
De Saint-Amour au square… Saint-Amour ?
Alors on se questionne… Certes, c’est un peu-beaucoup la zone dans ce coin là, la nuit. Mais il n’y a pas qu’ici (loin de là) à Besançon. Et si c’était en souvenir de ses années de prof d’E.P.S. à Saint-Amour que Ludovic Fagaut a inscrit ce square dans le top 5 de ses priorités de début de mandat ? Parce qu’avant de devenir un jardin public (enfin, du coup, de moins en moins…), c’était l’ancien parc privé de l’hôtel particulier de la famille de la Baume, comtes et comtesses de Saint-Amour (et héritiers direct des de Granvelle : la fortune, la collec d’art, le palais…). Mais depuis la mort du dernier comte de Saint-Amour en 1771, le quartier a bien changé.

La maison Savoye (dont, comme son nom ne l’indique pas, les propriétaires étaient Suisses). © Wikipedro.
Notamment au XIXe quand il s’est hérissé d’immeubles haussmanniens (Second Empire, quoi), a accueilli une grosse fabrique d’horlogerie avec la maison Savoye (repérable à ses amples fenêtres sous combles), dont les ateliers ont produit la célèbre montre gousset Leroy 01, à la mécanique très longtemps la plus compliquée du monde (tu peux la découvrir au Musée du Temps). Mais le jardin privé devenu vaguement terrain… vague a échappé à l’urbanisation et s’est transformé entre 1884 et 1885 en un agréable petit square, aujourd’hui toujours planté d’arbres séculaires (ginkgo biloba, somptueux séquoia…) et d’une fontaine surmontée d’une statue de Diane, signée de la célèbre fonderie Ducel (et copiée sur une statue antique exposée au Louvre). En revanche, pas trop de nouvelles de celle de l’amiral Devarenne qui pour être Bisontin n’en était pas moins marin.

Du haut de ces branchages, quelques siècles vous contemplent. © La Cédille.
En journée, le square Saint-Amour vit sa vie, entre les rencontres des chiens du quartier, les parties de badminton improvisées, celles et ceux qui jettent un œil à la quatrième de couv’ des bouquins de la boite à livre, les premiers flirts des collégiens d’à côté et tout un petit monde qui semble, assis sur une chaise, perdu dans ses pensées.

Diane, quelque peu, également, perdue dans ses pensées. © La Cédille.
La nuit, l’ambiance change, donc. Mais, en toute subjectivité, les mesures (à nouveau) mises en place ne nous semblent pas pouvoir changer énormément l’état de fait. De la com donc, du cinéma presque. Tiens, puisque on en parle, une anecdote pour en finir (pour l’instant…) avec le square Saint-Amour : le tout premier film de l’histoire de Besac, a été projeté le 6 mai 1896, entre les murs de cette fameuse maison Savoye.
F.P.C.
✪ Square Saint-Amour : encadré par les rues Jean-Baptiste-Proudhon, du Clos Saint-Amour, Leonel de Moustier et… du square Saint-Amour (La Boucle). Accès (sauf entre 22 h et 6 h du mat donc) : bus ligne 87, arrêt Saint-Amour ou 3, 4, 5, 6, 10, 11 et 12, arrêt La Poste.






