CHEZ LES MISS CLARISSES
Des sœurs, des frères d’armes puis des fonctionnaires territoriaux, mais devant ces murs et depuis le XVIIIe siècle, toujours la même fontaine dite « des Clarisses » puisque c’est devant ce couvent que l’eau a commencer à couler.
Les Clarisses s’installent au cœur de Besançon au milieu du XIIIe siècle, soit juste une poignée d’années après la création de cet ordre religieux féminin par Claire d’Assise (forcément disciple du François du même nom). Les sœurs sont évidemment virées par la Révolution et quelques jeunes gars en uniforme (pas vraiment le genre à porter des robes de bure : suffit juste pour t’en convaincre de jeter un coup d’œil aux boulets de canons de la façade) les remplacent.

Du droit canonique au canon tout court. © La Cédille.
Jusque dans les Sixties quand l’armée cède l’ancien couvent de la rue Mégevand à la commune qui y aménage partie de ses bureaux. Les religieuses Clarisses, elles, après s’être installées en 1879, dans ce qui est devenu Le Sauvage, hôtel-resto aujourd’hui un brin classieux de la ville déménagent, en 2009, pour Ronchamp en Haute-Saône et un monastère construit en contrebas de la célèbre chapelle signée par notre Corbu ; monastère conçu lui par un autre grand nom de l’architecture contemporaine, Renzo Piano. Construction qui, à l’époque, fait polémique.
Polémiques les sœurs
Comme polémique, il y eut (enfin, paraît-il, pas retrouvé de témoins de l’époque pour nous le confirmer) quand en 1698, les sœurs Clarisses kiffaient moyen qu’on entaille leur façade pour y installer une fontaine publique. La fontaine qui glougloute aujourd’hui à tes oreilles n’est pas celle du XVIIe mais, déplacée de quelques mètres, une copie quasi conforme confiée en 1755 aux bons soins de Charles-François Longin, architecte de la ville à l’époque (et proprement rénovée en 2022). Dans la niche, un lion très stylisé (et deux robinets qui le sont moins même si surmontés de touffes de roseaux…) crache l’eau dans le bassin.

On connaissait les chats égyptiens, pas trop les lions du même pays. Enfin, paraît que c’en est un sculpté ici. © La Cédille.
Mais bon, l’ensemble a de l’allure, d’autant que la niche de la fontaine est entourée de deux presque vertigineux panneaux, sculptés de bas-reliefs. Outre le trident qui doit bien être de Neptune (peut-être celui qu’on lui a chouravé à la fontaine des Carmes…), on a cru y reconnaître quelques feuilles de palmiers. Mais comme, à Besançon, ces jours derniers, juste écrire « palmiers », ça énerve prodigieusement les ludophiles. Ah non zut, un ludophile est juste un fan de jeux et de jouets, pas du nouveau maire. Bon, on arrête là, hein, ok, jusqu’à la prochaine fontaine…
F.D.C.
✪ Fontaine des Clarisses : entre les 4 et 6 rue Mégevand (La Boucle). Accès bus : lignes 4, 6 et 10, arrêt Mairie.






