Rapide état des lieux d’un … lieu où l’on se sent bien. Histoire de te donner envie de t’y sentir bien également. Même si nous ne sommes pas les seul(e)s à se sentir bien (et vivant !) ici donc qu’il te faudra parfois jouer des coudes pour choper une place à l’intérieur comme en terrasse.
Il est, comme ça, des lieux, où l’on se sent bien. Instantanément. « Une affaire de feeling » comme chante Sheller. D’abord, il y a cet immeuble d’angle, du XIXe et d’une foisonnante ornementation, rare dans le quartier : de la pierre de taille plutôt que de Chailluz et une foultitude de frontons et autres mascarons, des statues féminines nichées dans la façade, des balcons aux élégantes ferronneries… Donc, avant (plutôt qu’après… d’autant que la pinte doit être une des moins chères de la ville) un verre, prends la peine de capter tous les détails architecturaux de cette façade.

Quand frontons riment avec mascarons. © D.R.
Ensuite, il y a le petit bout de terrasse et surtout la salle, façon bistrot, plutôt Art nouveau, mais revu et corrigé (les plaids genre peau de vache jeté sur les banquettes, entre autres détails). Bistrot, on a lâché le mot : c’était bien l’idée du jeune vingtenaire, fraîchement diplômé de l’école hôtelière de Poligny (à laquelle il faudra bien un jour qu’on envoie un mail de remerciements pour nous offrir autant de bonnes adresses à Besac) qui a ouvert le lieu. Un bistrot, un peu à l’ancienne, un peu d’aujourd’hui donc. Où comme dans tout bistrot qui devrait respecter son nom se croisent toutes les générations, les classes sociales (bon, il y a pas mal d’étudiants de la fac d’à côté quand même…) dès le café du matin puis autour d’un verre ou d’une assiette où peuvent se succéder des classiques de toujours (entre œuf mayo et croque monsieur), des recettes du coin (croûte aux morilles, au hasard). Le tout à base de produits en circuit court (très court même : le chef cultive ses herbes aromatiques) et à prix d’ami(e)s.

Chaises bistrot et déco un brin Art nouveau. © Les Vivants.
En un trio d’années, les Vivants ont prouvé qu’ils l’étaient bien… Vivants. Au grand dam de certains voisins et d’une préfecture qui promulgue aussi vite les fermetures administratives que tire Lucky Luke. Un dernier truc, pendant qu’on y pense : une fois par mois, les Vivants devient Café des Artistes : « un rendez-vous pour les artistes, les créatifs et tous ceux à qui l’art parle ». Et ce n’est pas du foot ou du rugby qui s’affiche sur l’écran du rade mais du Roller Derby, ce qui donne un petit aperçu de l’état d’esprit du lieu. Donc bien dans l’air du temps, bien vivant, ce bistrot pour ne pas faire mentir son enseigne.
F.P.C.
✪ Les Vivants : 1, rue Granvelle (La Boucle). Page Insta : https://www.instagram.com/bistrot_des_vivants/. Accès : bus ligne 4, 6 et 10 ou Ginko Citadelle, arrêt Granvelle.






