WALLACE ET GROS MYTHE
À la découverte d’une des plus discrètes fontaines de la ville, qui n’a de Wallace que la forme et le nom que lui ont laissé les Bisontin(e)s. Parce que l’aristo-artiste anglais n’a jamais investi dans une fontaine à Besançon.
À un des angles de la terrasse de la brasserie Granvelle, au long de l’allée qui mène vers une des entrées du palais … Granvelle se dresse discrètement une fontaine Wallace. Enfin, Wallace… C’est une copie, certes, sortie comme les « vraies » fontaines Wallace, des ateliers de la défunte fonderie d’art du Val d’Osne mais qui n’a pas été financée par Wallace.

Une fontaine Wallace à Montmartre. Donc bientôt une à Battant, futur « Petit Montmartre » de Besac d’après notre maire ? © David Monniaux.
Drôle de keum que Richard Wallace, enfant (un brin illégitime) de Londres mais élevé à Paris et, a priori, tout aussi intéressé par les artistes français (il tapait la discute avec, entre autres, Flaubert, Baudelaire, Delacroix ou Théopile Gautier) que par la politique de son île natale. Et Wallace, héritier d’une des plus grosses fortunes anglaises fait (lui…) ruisseler son pognon de dingue : au sens propre puisqu’il finance largement les premières fontaines (donc aujourd’hui dites Wallace) installées à Paris à partir de 1872. Fontaines conçues par Charles-Auguste Lebourg, sculpteur dont l’œuvre la plus connue est donc la création (largement inspiré par Wallace, fondu de l’art de la Renaissance) des cariatides de fonte de ces fameuses fontaines dont la capitale française abrite une bonne centaine. Financées par Richard Wallace pour alimenter en eau un Paris qui a bien morflé de la guerre de 1870 et surtout de l’insurrection de la Commune : Gavroche sur les barricades, tu vois, c’est bizarre, mais souvent des sujets qui n’ont rien à voir nous ramènent direct à Besac….

La vraie-fausse fontaine Wallace de Granvelle. © Toufik de Planoise.
Besac, dont honnêtement, on ne connaît pas la date exacte à laquelle cette fontaine a été installée (1873 maybe…): un petit modèle fondu comme ses collègues parisiennes dans le Val d’Osne mais dans laquelle Wallace n’a jamais investi un centime. On se plait à penser que c’est plutôt Adolphe Veil-Picard qui y est allé de sa poche comme pour beaucoup de fontaines de l’époque et comme en témoigne, autour de sa statue, une jarre d’où dégouline de l’eau. Sinon, même si cette fontaine n’a de Wallace que le nom, ce serait cool qu’y coule à nouveau de l’eau…
F.P.C.
✪ Fontaine Wallace : au niveau du n°4 place Granvelle (La Boucle). Accès : bus lignes 3,4,6 et 10 ou B1 et 2, arrêts Carmes ou Saint-Maurice.






