Origine, dernière née des épiceries (et plus si affinités) de la ville, pour être tout a fait francs, on en a franchi la porte un peu à reculons, pleins d’a priori (ouais, ça nous arrive !). À tort…
Pourquoi La Cédille y est allé à reculons chez Origine ? D’abord, parce que le storytelling était presque trop parfait : deux zincous dont l’arrière grand-mère tenait, il y a donc quelques temps déjà, une épicerie de quartier. De celles du genre où, on se souvient, en bon boomer (on assume), la Laurette remplissait à grandes louches de lait, le bidon de fer blanc qu’on balançait ensuite à bout de bras jusqu’au bout de la rue, du riz dans un sachet de kraft dans l’autre main, avec la promesse d’un riz au lait dont jamais nous ne retrouverons le goût. Nostalgiques, un chouia. Et avec une furieuse envie de retour aux origines. Comme les deux cousins. D’où l’enseigne (Origine), le portrait XXL de l’arrière grand-mère à l’entrée du shop.

Une arrière grand-mère dont on se dit que les deux cousins ont hérité du sens de l’accueil. © La Cédille.
Ensuite, parce que les cousins ont plus que réfléchi au concept (ouais, là, on a le droit au mot, parce que le lieu respire vraiment le concept) : une épicerie de quartier comme il y en avait dans le temps mais dans l’air du … temps. Chaque centimètre des 250 m2 a été chiadé (et pas mal construit de leurs propres mains) : du bois brut (les palettes de livraisons passées à la ponceuse), des ardoises, des slogans du genre à avoir été signés par une agence de com (« ici, on partage plus qu’un verre»). Bref, l’adresse parfaite pour « bobos bouclards ».
Vins nature plutôt que piquette
Waow, ça faisait un moment qu’on avait envie de la replacer cette formule à l’emporte-pièce qui nous avait été, au lancement de La Cédille, balancée par un keum bien planqué à la fois derrière son pseudo et son clavier « ouais, encore un magazine pour bobos bouclards » ou quelque chose dans le genre. Inutile d’épiloguer : chez La Cédille nous ne sommes ni bobos (quoique… on conserve le bohème), ni « bouclards » mais on la kiffe cette nouvelle épicerie.
Les cousins sourire
Pour l’accueil, le sourire sous les casquettes et la bonne humeur derrière les tabliers (quand on vous écrit quelques lignes plus haut que chaque détail a été pensé…), pour le choix, franchement impeccable, des produits proposés (entre légumes bio et confitures du Haut-Doubs), le vrac… et le tout à des prix pas si excessifs que ça pour la Boucle. Alors OK, tu vas peut être raquer un peu plus pour un vin nature que pour un assemblage de Merlot de grande distrib mais, franchement, comme ça, au hasard, le poulet rôti du week-end se situe, question budget, dans la moyenne de ce que tu trouveras en train de tourner autour d’une broche au centre-Besac.

Quand bar rime avec sauciflard. © OA Systèmes.
Y’a aussi du café et si tu n’as pas envie de te mettre aux fourneaux des « bars » à sauciflard ou à pâtes made in Haute-Saône, des sandwichs maison (et toujours à base de produits en circuit court) et à l’extérieur de grandes tablées à partager (ce qui, au passage, va, si tu débarques avec une bande de pote(ses) t’alléger l’addition). Origine est ouvert sept jours sur sept et on plébiscite l’initiative, ne serait-ce que pour avoir redonner un peu d’âme à ce Centre Saint-Pierre dont on se désespère depuis moult années de le voir en déshérence. Et tu sais quoi ? On n’ a pas chez Origine croisé que des « bobos bouclards ». Loin de là, même…
F.P.C.
✪ Origine : 28, rue de la République – Centre Saint-Pierre (La Boucle). Pas trop sur les réseaux (z’ont sûrement plein d’autres trucs à faire, du genre remplir les rayons de bons produits). En principe, ouvert 7/7, de 8 h (10 h le dimanche) à 19 h 30. Accès : bus lignes 5, 10, 11 et 12, arrêt Centre Saint-Pierre.






