VAUBAN DEBOUT 5/7
Lui aussi classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, le fort Griffon ne se visite malheureusement (en principe, on a triché…) pas. Dommage pour une œuvre plutôt majeure de Vauban qui pourrait bien (si quelqu’un dans le secteur privé a quelques poignées de millions d’euros en poche) devenir un lieu encore moins facile d’accès.
Désolé pour les fans de la série Harry Potter mais le nom de ce fort des hauteurs de Battant n’a strictement rien à voir avec le sorcierGordic Gryffondor… Il le doit plutôt à un certain Griffoni, Giovanni de son prénom, ingénieur italien qui avait au dessus de la « vieille ville espagnole » érigé un bastion en 1595 pour anticiper un siège des troupes d’Henri IV. Quand un autre roi de France conquiert Besançon, Vauban décide de conserver l’emplacement mais fait construire (par l’ingénieur Montille, comme pour l’ensemble des fortifications de Battant) quelque chose comme une citadelle modèle réduit (d’ailleurs le terme exact en architecture militaire est celui de « fort réduit ») avec tout un ensemble de bâtiments disposés autour d’une cour centrale : casernements, chapelle, puits, magasin à poudre… L’idée ? Renforcer la défense de la citadelle avec des fortifications tournées tout autant vers l’extérieur que vers Battant et la Boucle. D’ailleurs (et là, c’est moins cool), Vauban voyait également dans ce fort, un excellent moyen pour calmer toute tentative de révolte des Bisontin(e)s…

Un fort qui n’est pas resté en plans. © D.R.
Au long de … longs travaux (1680 à 1684) se bâtit autour du fort tout un système de fortifications dont on te passe les détails techniques : bastion à oreillons ou à flancs simples, cavaliers, guérites… D’autant plus que de ce fort, hormis la porte, autrefois dotée d’un pont levis, tu ne verras pas grand chose sinon de l’extérieur. « Accès interdit au public sous peine de poursuites » annonce à l’entrée un panneau, caractères blancs sur fond rouge. Bon, on a bravé l’interdit, comme un couple de touristes allemands qui ne parlait pas un mot de français, n’est donc pas tombé dans le panneau. Enfin, de notre côté, on n’a pas franchement capté non plus ce que voulait dire cette autre interdiction : « accès limité aux personnes autorisées en dehors des heures d’ouverture ». Et, de fait, inutile de risquer « des poursuites » parce que le tour de la cour est vite fait, que le tunnel piéton qui, autrefois, conduisait à un agréable petit parc est aujourd’hui fermé par des chaînes… Ne se découvrent donc que les anciennes casernes (fatiguées…) qui abritent quelques services du Département du Doubs.

L’ancienne chapelle devenue amphi : deux souvenirs en un de l’histoire du lieu. © La Cédille.
Un Département qui a acheté le monument en 1946 pour, après un sérieux remaniement architectural, y installer l’École Normale de Filles, devenue Institut Universitaire de Formation des Maîtres (I.U.F.M. comme on disait jusqu’à ce que Sarkozy nettoie au karcher cette formation) puis I.N.S.P.É (pour Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation : dingue comme l’administration adore les sigles…), structure désormais installée sur les hauts du quartier de Fontaine Écu. Et un Conseil Départemental qui, finalement, vendrait (depuis quelques années déjà) volontiers le fort Griffon. Pour que des boites privées le transforment en quoi ? Rumeur avait couru d’un hôtel 4 ou 5 (on ne sait plus…) étoiles. Pas plus de nouvelles que ça depuis. Reste la vue depuis le petit jardin posé devant le fort (dont les structures de métal rouillé cachent un parking souterrain) : une des plus belles sur les toits de la ville et la citadelle.
F.P.C.
✪ Fort Griffon : 4-8, rue de Ronde du Fort-Griffon (sur les hauts de Battant). Accès : bus ligne 8, arrêt Remparts.






