PROMENONS NOUS DANS LE BOIS PENDANT QUE LE … BOIS Y EST
Entre sécheresses et tempêtes, la forêt de Chailluz a pas mal morflé. Mais conserve de superbes restes entre majestueux arbres largement centenaires et petites bestioles.
Comme toutes les forêts du monde, celle de Chailluz souffre. Du dérèglement climatique évidemment avec des hêtres qui ne peuvent plus boire à leur soif et des tempêtes à répétition qui au mieux privent de leurs branches beaucoup d’arbres, au pire les déracinent. Et de la mondialisation, avec des parasites comme l’hymenoscyphus fraxineus, un champignon débarqué d’Asie qui, apparu en Pologne au début des années 1990, colonise lentement mais sûrement la France : les premiers sont apparus en Haute-Saône en 2008 et la forêt de Chailluz a suivi vers 2010. Ce champignon s’attaque aux frênes, provoque une maladie (la chalarose) qui affaiblit sérieusement ces arbres. Les scolytes, insectes pas franchement des plus sympathiques, sont également de la partie qui dézinguent les épicéas. Ce sont donc plusieurs milliers d’arbres qui ont disparu du paysage de Chailluz depuis une grosse poignée d’années.

Auprès de mes arbres… © Ludovic Gaudard.
L’ancienne municipalité s’était, en colab avec l’O.N.F., engagée à Chailluz dans pas mal de louables initiatives : « ilots de sénescence » qui laissent la nature vivre sa vie, plantation de nouvelles espèces plus adaptées aux nouvelles exigences climatiques… La nouvelle devrait suivre le même sentier puisqu’on trouve page 8 du programme de Ludovic Fagaut : « adapter la gestion forestière à l’évolution climatique ». Quoi qu’il en soit, reste quand même un bon paquet de bouquets d’arbres dans la forêt de Chailluz où le chêne joue à qui sera le plus présent avec le hêtre (le foyard, comme on dit par ici ; nom local qui sonne encore mieux à l’oral avec un solide accent franc-comtois…). Même si le plus vieil arbre de la forêt est un tilleul qui porte plutôt bien ces cinq siècles.
Belle mais nauséabonde
Sinon, trois pages au minima seraient nécessaires pour te lister toutes les espèces d’arbres présentes, entre autochtones (merisier, tremble, bouleau) et venues d’ailleurs (d’Amérique comme le chêne rouge, de Corée comme le Laricio). Donc si tu as une appli de reconnaissance des plantes sur ton Smartphone, c’est le moment de la lancer, au hasard des chemins forestiers et autres sentiers qui parcourent la forêt.

L’iris Fétide, plus jolie que son nom ne pourrait l’indiquer mais qui effectivement ne sent pas très bon si tu froisses ses feuilles (ce qui, dans tous les cas, n’est pas une bonne idée). © Jymm.
Même histoire pour toutes les plantes qui poussent en clairières, en sous-bois ou au creux de ces dolines omniprésentes dans la forêt de Chailluz, fosses typiques de l’érosion dans un relief karstique dont plus de cinq cents ont été comptabilisées et où poussent polystic à frondes soyeuses (des fougères pour faire plus simple). Si tout Besançon (ou presque) sait qu’on peut cueillir allium ursinum (de l’ail des ours, quoi !), mauves et jonquilles à Chailluz, tout le monde ne connaît peut-être pas, entre autres, la sanguisorbe où l’iris fétide, beaucoup plus jolies que leurs noms ne pourraient le laisser entendre.
L’oiseau du tiequar
Il faut être discrets, se balader un jour de semaine, tôt le matin pour avoir la chance de surprendre au coin d’un chemin, un chevreuil, un renard ou un sanglier. Sinon tu peux profiter du chant des oiseaux dont, celui plutôt particulier du torcol (qui a laissé son nom au quartier voisin…). Signalons enfin aux ophiophobes et autres herpétopobes que quelques couleuvres (dont certaines dépassent allégrement le mètre) sinuent aussi dans le coin.
F.P.C.
✪ Forêt de Chailluz : un truc un peu (franchement même) dommage pour l’accès à une forêt, c’est qu’en bus (puisque pour chaque lieu qu’indique La Cédille, la rédac a décidé de t’inciter à utiliser les transports en commun), c’est un peu galère. Mais y’a moyen quand même avec la ligne 12, arrêt Montmarmots, la 11 avec arrêts Chemin de Palente ou Cul des Prés. Sinon, existe (mais les bus ne font que 4 allers-retours par jour et ne circulent pas le dimanche), la ligne 20 avec arrêt Chailluz. Sinon pour s’y balader, plan des sentiers dispo ici : https://datasets.grandbesancon.fr/fichiers/rando/chailluz/sentierschailluz.pdf. Et ne t’éloigne pas trop de ces sentiers, parce que, mine de rien, il est facile de se presque perdre dans la forêt de Chailluz.






