UNE FORÊT HABITÉE
D’un village du Moyen-Âge à un fort du XIXe, de petites à de grandes baraques, la forêt de Chailluz a longtemps été habitée. Une auberge y était même installée, peut-être, qui sait, fréquentée par la légendaire Dame Blanche.
Les rencontres de bord de route avec la Dame Blanche cartonnent aujourd’hui encore sur les réseaux sociaux. Cette aujourd’hui quelque peu flippante auto stoppeuse est pourtant apparue bien avant l’invention de l’automobile (et donc du « faire du pouce » comme disent nos amis Québécois), les Dames Blanches, mix entre fantôme, fée et sorcière, se baladent toutes en voiles immaculés (hé, tu t’en serais douté !) depuis le Moyen Âge dans toutes ou presque les forêts d’Europe comme d’Amérique du Nord. Dont, évidemment, celle de Chailluz. Celle là, de Dame Blanche, a d’ailleurs, officieusement (officiellement c’est Kirgener du nom d’un général et ça sonne un peu moins bien, non ?), laissé son nom au fort de Chailluz, partie d’une ceinture fortifiée construite après la guerre (enfin, la défaite…) de 1870 contre les Prussiens. Ce fort, partie intégrante du système Seré de Rivières (un peu le Vauban du XIXe pour situer le bonhomme) ne se visite pas mais offre une gentille vue sur la vallée de l’Ognon.

L’entrée du fort de Chailluz. On n’y a pas encore croisé la Dame Blanche, mais qui sait. © JGS25.
En chemin vers le fort, vous croiserez les Petites Baraques. Il n’en reste qu’une, en fait, de ces deux anciennes maisons forestières mais la clairière où elle est nichée en fait un spot idéal de pique-nique et autre barbeuk. Puisqu’on parle de baraques, les Grandes, cette fois, à un autre bout de la forêt sont un lieu de passage obligé de Chailluz. Le presque hameau des Grandes Baraques, d’anciennes maisons forestières toujours, est d’ailleurs le lieu le plus fréquenté de Chailluz, pour son accès facile (on peut même -malheureusement…- y aller en bagnole) et ses enclos avec daims et sangliers qui font toujours plaisir aux mômes. Des mômes qui, en sortie scolaire, fréquentent également La Petite École dans la Forêt, espace pédago installée dans une de ces maisons.

Ah, zut, c’est fermé… © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Les Grandes Baraques sont un des seuls lieux vraiment habités de la forêt de Chailluz. Qui l’était pourtant autrefois : en 2015, des archéologues ont découvert à Chailluz, les vestiges d’un village du haut Moyen-Âge. Et en parcourant son gros millier d’hectares, se découvrent d’autres traces de créations humaines comme les dernières pierres de la chapelle Saint-Gengoul (connue depuis au moins le XIe siècle) et, étonnant dans ce relief karstique qui laisse filer l’eau, deux fontaines : la discrète fontaine des Acacias et celle à peine peu plus spectaculaire de Sainte-Agathe.
Puisqu’on en est aux histoires d’eaux et que toutes ces balades à travers la forêt de Chailluz vous ont peut-être donné soif, raté : la seule auberge qu’abritait la forêt de Chailluz a disparu il y a quelques siècle déjà…
F.P.C.
✪ Forêt de Chailluz : en bus avec la ligne 12, arrêt Montmarmots ou la 11 avec arrêts Chemin de Palente ou Cul des Prés. Sinon, existe (mais les bus ne font que 4 allers retours par jour et ne circulent pas le dimanche), la ligne 20 avec arrêt Chailluz. Sinon pour s’y balader et découvrir tout ce qui est évoqué dans cet article, plan des sentiers dispo ici : https://datasets.grandbesancon.fr/fichiers/rando/chailluz/sentierschailluz.pdf. Et ne t’éloigne pas trop de ces sentiers, parce que, ça nous est arrivé, on l’avoue, on peut facilement s’égarer dans la forêt de Chailluz (même si le fond sonore de l’autoroute peut parfois t’aider à t’orienter).






