FAIRE DE SA VISITE UN CHEF D’ŒUVRE
Une visite un peu foutraque des collections estampillées « Beaux-Arts » du musée du même nom. Parce que c’est notre manière à nous d’appréhender un musée, s’y balader le nez en l’air, s’enthousiasmer par le plus grand des hasards devant la toile d’un « petit maître » flamand et rester quelque peu insensible à un Courbet…
La Cédille t’as déjà un peu baladé à travers ce rez-de-chaussée qui permet d’ajouter « d’archéologie » aux « Beaux-Arts » de l’intitulé du musée bisontin. Silex taillés par nos ancêtres Néandertalien(ne)s, hache de pierre et jatte de terre cuite du Néolithique, bracelets et lames d’épées de l’Âge de Fer, le fameux Taureau d’Avrigney d’autres de nos ancêtres, les Séquanes, et évidemment pas mal de souvenirs de la Vesontio romaine à commencer par de vastes mosaïques.

Les secrets des momies. © MBAA/Thierry Saillard.
Pour rester dans les temps anciens, sont exposées quelques œuvres d’art dont La Cédille ne t’as pas encore parlé : en continuité des vestiges archéologiques du rez-de-chaussée, petite série de statues médiévales dont un étonnant Gisant (enfant…) de Jean de Bourgogne et une (petite aussi) collection égyptienne, généreusement déposée ici par le Louvre, sarcophages et momies, statue polychrome d’Osiris, papyrus « mythologique », des pièces presque planquées dans un recoin d’un musée qui en compte quelques uns.
Croissance illimitée
Parce qu’au MBAA de Besac, même si la scénographie suit, peu ou prou, une certaine chronologie, du XVe siècle à l’art moderne, on peut vite s’égarer au long des rampes de béton de cette « spirale carrée » dans l’idée du « musée à croissance illimitée » chère à Le Corbusier. Et c’est ça qui est bien ici. Enfin que nous, on aime… bien. En général, dans un musée des Beaux-Arts. Ne pas faire trois plombes de file d’attente pour passer trois secondes devant une Joconde derrière sa vitrine mais bien plutôt se perdre au hasard des salles.

Bonnard et sa place Clichy… rue Thiémanté. © La Cédille.
On ne va donc pas te lister les chefs d’œuvre internationalement connus qu’abrite le musée des Beaux-Arts, de l’ Adam et Ève de Cranach (l’Ancien !) à La place Clichy de Bonnard en passant par les Cannibales de Goya ou l’Éternel Printemps de Rodin. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? La question est quasi philosophique et comme on n’a pas deux heures pour t’écrire une dissert, on va l’éluder. Juste t’écrire que ce n’est pas parce que le triptyque de La Déploration sur le Christ Mort de Bronzino est estimé à beaucoup-beaucoup (beaucoup !) d’euros que tu es obligé de t’extasier devant. Même histoire avec le monumental Hallali du Cerf de Courbet, même si c’est une de nos gloires régionales.

Sept cent millions de Chinois et François Boucher. © MBAA.
Mais tu as le droit de kiffer les Chinoiseries de Boucher, de bloquer devant la toile d’un « petit maître » flamand du XVe comme sur Les Enfers de François de Nomé, alias Monsù Desiderio (bon, pour le coup, on nous dit que c’est un chef d’œuvre, visionnaire même…) ou de t’embarquer à la découverte de Charles Lapicque … Enfin, on préfère laisser ta sensibilité, ta subjectivité, ton humanité, ta personnalité (et on arrête là avec les rimes en é) s’exprimer au cours de la visite.
F.P.C.
✪ Musée des Beaux Arts et d’Archéologie : 1, place de la Révolution (La Boucle). https://www.mbaa.besancon.fr/. Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt Révolution.






