L’ÉTAT-MAJOR : UNE FONTAINE AU GARDE À VOUS
Une place qui a plein d’histoires de la ville à raconter. Donc une fontaine qui doit en avoir pas mal aussi en réserve. Bon, cette fontaine là n’a pas le nom le plus cool de la ville (sauf si tu es militariste) mais c’est un peu la plus monumentale. Donc.
C’est sans aucun doute (enfin, on sais pas, dites nous, si perso, vous avez un doute), la plus spectaculaire des fontaines de la ville. Si nombre de Bisontin(e)s insistent à l’appeler fontaine Utinam, parce que l’antique devise de la ville y est gravée en lettres plus que majuscules, son nom officiel est bien « fontaine de l’état-major ».

Utinam, bien sur. © Ville de Besançon.
Parce qu’à l’époque de hauts gradés occupent juste à côté un couvent dont ne restent que quelques menus vestiges. C’est d’ailleurs pour un militaire de très haut rang, maréchal de France, s’il vous plait (et allez, quitte à faire, prince d’Isenghien et de Masmines, comte et vicomte dont on ne sait plus combien d’endroits, avec un nom qui prendrait une page à citer) qu’un hôtel particulier est construit à l’angle de la place en 1736. Et comme le pont de Bregille qui traverse le Doubs depuis 1689 permet d’acheminer de l’eau depuis les sources (du vallon de… Bregille), le quartier s’orne de quelque fontaines.
Des dauphins devenus pièces de monnaie
Dont celle ci, inaugurée trois ans après cet hôtel particulier dont elle masque quasiment toute la façade. Une fontaine monumentale qui semblait avoir fière allure avec notamment un ensemble de bronze sculpté de mômes s’amusant avec un groupe de dauphins. La Révolution fond tout ça pour en faire des pièces de monnaie. Et il faut attendre 1900 pour que la fontaine -en piteux état- retrouve de son éclat. Il y a depuis, discrètement planqué sur un de ses côtés, des urinoirs publics et la rumeur publique (elle aussi) raconte que ce sont eux qui alimentent la fontaine. Ouais, d’accord, tu as le droit d’y croire.

La fontaine à son renouveau. © Mémoire vive/Ville de Besançon.
Si elle est aujourd’hui « fontaine de l’État-Major », on ignore, honnêtement, son nom d’antan. En revanche, la place sur laquelle elle trône a, elle plusieurs fois changé de nom. Comme était autrefois installée ici une commanderie de Templiers, elle s’appelait logiquement place du Temple. Comme aux Templiers ont succédé des nonnes, nous voilà partis pour quelque temps pour place des Bénédictines. En 1729, à la naissance du premier fils de Louis XV, l’endroit est baptisé place Dauphine (de quoi donner envie de chanter du Dutronc…). Sous la Révolution, c’est la place de l’Égalité, puis, sous l’Empire, elle prend le nom de Roi de Rome. En 1848, les militaires remplacent les Bénédictines et c’est place de l’État-Major.

Qu’ajouter… © Musée de la Résistance et de la Déportation.
Avant, qu’en 1944, elle ne devienne place Jean Cornet, en hommage au commandant du groupement FFI de Besançon, mort au combat, le jour même de la libération de la ville. Nom que devait sûrement connaître le groupuscule néo-nazi local pour avoir récemment tenté un happening devant la fontaine. Quoique, venant de bas du front…
F.P.C.
✪ Fontaine de l’État-Major : place Jean Cornet, à l’angle des rues de Pontarlier et des Martelots (La Boucle). Accès : bus ligne 3,4,6,10 et 87 ou B1 et 2 arrêt Jean Cornet.






