Allons, soyons honnêtes, Baume-les-Dames n’est pas, a priori, la ville que tu désignerais comme destination numéro un pour une balade dans le département du Doubs (on en connaît même qui n’ont jamais pris la peine de s’y arrêter). Et pourtant, cette toute petite ville planque un joli patrimoine et une bouillonnante scène artistique.
Baume-les-Dames, gros bourg rural. C’est le nouveau truc de l’Insee, ça, « bourg rural ». Certes il y a quelques vaches à tremper leurs sabots dans le Doubs, mais à l’Insee, elles et ils bossent dans leurs bureaux sur des statistiques et, peut-être que l’on se goure mais, à notre avis, aucun(e) de ces statiticien(ne)s n’a jamais mis les pieds à Baume-les-Dames. Qui pour nous est, malgré ces 5000 et des brouettes habitants plutôt une petite ville, riche d’une vieille histoire, d’un joli patrimoine et d’une vie culturelle plutôt exaltante vu sa taille. Il est clair que si tu te contente de la traverser en bagnole vers de plus lointains ailleurs (vazy de ton empreinte carbone), au long de la départementale, Baume (on va pas écrire les Dames à chaque fois, tu ne devrais pas confondre avec Baume-les-Messieurs) ne te donne pas nécessairement envie de te poser et pourtant…
Au bonheur (enfin on sait pas…) des Dames
Baume ? Tu sais d’où ça vient ? Du celte pour grotte. Les Dames, ce sont celles d’une prestigieuse abbaye, Sainte-Odile qui, fondée au IVe siècle a accueilli comme sœurs la plus grand noblesse comtoise. Ce qui avait un peu énervé les Révolutionnaires qui avaient rebaptisé la ville, Baume-les-Citoyennes (bon enfin, auparavant, elle s’appelait carrément Baume-les-Nonnes…).

L’hôtel particulier des de Neufchâtel, côté jardin. © Office de tourisme.
Mais malgré une histoire bien-bien traversée par les guerres et autres grosses galères (la ville dans sa quasi entièreté a été détruite par un incendie à la fin du XVe siècle), restent, autour de la grande place centrale, quelque jolis vestiges comme l’hôtel particulier des sires de Neufchâtel (rien à voir avec les voisins suisses) de 1424, typiquement Renaissance à découvrir côté rue comme côté cour, la maison toute aussi Renaissance dites de la Tourelle (ce n’est pas pour faire les chauvins, mais elle semble avoir été copiée sur celle de la rue Pasteur à Besac), le baillage (ou ancien tribunal) du XVIIIe (et c’est pas pour faire à nouveau les chauvins, mais les architectes sont Bisontins…) ou la maison des frangins artistes Grenier qui s’ils sont aujourd’hui complément tombés dans l’oubli, leur manoir est toujours là, fièrement posé au 1, rue Barbier.

Le manoir qui mixe un peu tous les styles des frères Grenier. © Alexia Maitrehenry.
Baladez vous également Grande Rue pour découvrir quelques jolies maisons (les colombages de celle du n° 7 ont la classe). Si vous avez un peu de temps devant vous, glissez jusqu’au bord du Doubs découvrir le monument hommage à Jouffroy d’Abbans (et, si la balade vous a donné soif, l’ambiance typique d’un bar-tabac, le Steamer). Et juste à peine plus loin au long du Cusançin, ce qui fut l’usine (et la cité ouvrière) des pipes Ropp (qui malheureusement n’abrite plus l’écomusée qui racontait joliment cette histoire à la fois ouvrière et patronale). Sinon, Baume-les-Dames est ville d’artistes et d’artisans d’art avec l’Atelier des Artistes et rien de moins que deux ateliers de typographie, Æncrages & Co et Affiche Moilkan . Et comme avec la joyeuse équipe d’Affiche Moilkan, on a l’extrême prétention, de partager parfois, le même humour (et le même goût des jeux de mots à la con), on leur envoie un great big kiss….
F.P.C.
ON Y VA
– À vélo : au long d’une des plus belles portions de l’Eurovelo 6 (et si tu as envie de passer à autre chose qu’aux pédales, il y a plein de voies d’escalades équipées le long de cette vélo route. Compter 2 h 30 en y allant doucement et hormis vers la station d’épuration (gaffe aux odeurs), c’est plat tout le long.
– En train : une bonne dizaine d’allers retours par jour depuis la gare Viotte. https://www.ter.sncf.com/bourgogne-franche-comte.
ON S’INFORME
– Office de tourisme : place de la République. https://www.ot-doubsbaumois.fr/.
ON DÉCOUVRE
– L’église abbatiale de Sainte-Odile : à peu près tout ce qui reste de la prestigieuse abbaye de Baume-les …Nonnes. Un cadre exceptionnel pour accueillir de jolies expos : , Charles Belle- peut-être n’est il pas nécessaire de présenter cet artiste- en ce moment.
–L’église Saint-Martin : il semblerait que ce soldat romain (le fameux à avoir coupé son manteau pour en faire don à un mendiant…) soit passé par Baume. D’où (mais tu l’avais déjà deviné) le nom de cette église fondée au IXe siècle mais qui date pour celle que tu vas découvrir du XIXe, façon néo-gothique. Même si l’on doit le clocher au bisontin (on persiste à faire nos chauvins) Pierre Marnotte, cette église mérite -plus que pour son architecture- la visite pour les pièces qu’elle abrite, pour beaucoup issues de l’ancienne abbaye dont -entre autres-, une poignante piéta de 1549.

1549. C’est marqué dessus… © Jean-Louis Vandevivère.
– La Chapelle du Saint-Sépulcre : dans le cimetière. Une des curiosités de Baume, cette petite chapelle gothique du XVIe siècle (autrefois dédiée aux pestiférés). À l’intérieur (visites guidées seulement avec l’office de tourisme), un sol dallé de pierres tombales des morts de la peste et une petite statue de Acombe, la sainte à barbe…
ON BOIT UN VERRE ET ON MANGE UN BOUT
– Le Charleston : 10, rue des Armuriers. L’enseigne au nom d’une célèbre danse des années 1920 donne une idée de la déco. Mais la cuisine est bien d’aujourd’hui, à prix gentils. C’est une institution à Baume et c’est mérité. Terrasse.
– Le Mac Tom : 16, avenue du Général Leclerc. Un peu le Big Ban local. Sinon, qu’il y a également un plat du jour, une salle et une terrasse, un peu au bord d’une départementale très passante mais on fait avec, le temps d’un burger et de frites pas vraiment maison.
– Capsule et Bouchon : 6, esplanade du Breuil. Sur une place comme les urbanistes des années 2010 n’auraient jamais du en imaginer, un lieu hybride : à la fois caviste et bar (avec une bière maison). Terrasse (sur une place sur laquelle on ne va pas en rajouter…).
ET PLUS SI AFFINITÉS (S’IL TE PRENAIT L’ENVIE DE RESTER).
Désolé mais nos adresses fétiches à Baume-les-Dames (comme l’Hostellerie du Château d’As où, de surcroît, on déjeunait et dinait bien et quelques chambres d’hôtes qu’on kiffait bien dans un quartier un peu hors du temps -comme celui du faubourg de Cour- entre centre-ville et zone commerciale) ont disparu. Donc pas grand chose à vous proposer : parce que dormir au bord de la départementale au Bambi, heu… Et les nouvelles chambres d’hôtes ouvertes sur Baume se lâchent un peu sur les prix…Sinon, si vous êtes venus en vélo, quelques adresses de la voisine vallée du Cusançin sont plutôt cools dans leur genre…






