Une fontaine qui n’en est plus une (puisque si tu as déjà vu y couler de l’eau, sinon symboliquement, fais nous signe) mais dont, comme toutes les fontaines de Besac, l’histoire mérite d’être racontée…
Elle fait partie des treize fontaines qui existaient à Besançon avant la Révolution. Il s’est écoulé pas mal d’eau au long du Doubs entre le début (en 1747) et la fin (en 1751) des travaux. L’histoire est donc un peu longue à expliquer pour une aussi petite fontaine. Mais on va le faire ! Déjà, le sculpteur haut-saônois, Michel Devosges, en élabore une maquette, ensuite l’architecte de la ville, Charles-François Longin (auquel on doit partie du Chamars d’aujourd’hui), signe les plans. La statue censée représenter le Doubs est elle signée Jacques Pernette. Et pour rester dans le locals only, c’est la boite de Joseph Nodier, grand-père de l’écrivain romantique Charles Nodier qui s’occupe des travaux. Bon, dans la liste, sans vouloir être méchants, pas beaucoup n’ont laissé leur nom dans l’histoire de l’art…

Santé (à tous les sens du terme…), le Doubs. © La Cédille.
Fontaine classique : une façade toute en bossages encadre une niche où est tranquillement installé un genre de Neptune censé représenter le Doubs (d’ailleurs tout le monde la surnomme aujourd’hui fontaine du Doubs alors que son nom officiel est fontaine de Ronchaux). Longtemps, le vrai-faux Neptune brandissait de sa main droite une rame, histoire de rappeler qu’on a toujours ou presque navigué sur le Doubs. La rame a disparu depuis belle lurette, comme la statue d’ailleurs qui moult fois vandalisée doit reposer quelque part dans les réserves du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie.

Une fontaine où l’eau du Doubs ne coule plus que symboliquement…. © La Cédille.
Le Neptune que tu découvres aujourd’hui est une copie, ne brandit toujours plus de rame (une bière ces jours derniers…) mais sa main gauche s’agrippe toujours fortement à une amphore qui déverse symboliquement de l’eau en tourbillons. Symboliquement, ouais, parce que ça fait un paquet d’années qu’on y a pas vu couler de l’eau dans cette fontaine. Pas plus que du vase soutenu de chaque côté par des anges qui coiffe l’édifice. Et que le Doubs, depuis sa source jusque dans sa traversée de Besac semble , lui aussi, en ce début d’été, un peu à bout d’eau.
F.P.C.
✪ Fontaine du Doubs (ou de Ronchaux) : pile à l’angle de rue la Mégevand et la rue Ronchaux (La Boucle). Accès en bus : plein de lignes s’arrêtent soit à Granvelle soit à Saint-Maurice. Dans les deux cas, c’est cinq minutes à pied maxi jusqu’à la fontaine.





