DEVANT L’HÔTEL DE VILLE : UN LONGUE HISTOIRE D’EAUX
Certain(e)s persistent à l’appeler Charles Quint, cette fontaine nichée dans la façade de l’hôtel de ville. Même si la Révolution a définitivement réglé le sort de la statue du boss du Saint-Empire Germanique qui l’ornait, œuvre de 1566 du sculpteur régional très tendance à la Renaissance, Claude Lullier. Statue fondue en 1792 en même temps que pas mal de cloches des églises de Besac : il fallait bien quelques obus et autres balles aux armées révolutionnaires pour gagner les batailles de Valmy ou de Jemappes…

Une vue de l’esprit de l’architecte Pierre Marnotte (dessin du XIXe ). © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Sinon, c’est comme sa proche voisine des Carmes, historiquement une des plus anciennes fontaines de la ville même si elle a depuis subit un paquet de liftings : simple bassin de planches de bois à l’origine (vers 1541), la fontaine de l’hôtel de ville devient de pierres en 1552 et se voit donc modifiée en 1566. Comme cette fontaine ne ressemblait plus à grand chose après l’intervention un peu vénère des Révolutionnaires, une nouvelle est aménagée en 1854, à la déco un brin chargée : dans un bassin est planté un piédestal octogonal (à huit angles si tu as tout oublié de tes cours de géométrie) dont le sommet superpose des dauphins dont les queues soutiennent une vasque dans laquelle un bambin fait couler de l’eau d’une coquille qu’il tient au dessus de sa tête.

Désolé, mon garçon mais on ne sait pas vraiment qui sont tes parents. © La Cédille.
L’ensemble (dont on n’a, perso, pas trouvé trace de l’auteur…) a du demander du boulot mais, parce qu’il gêne le passage du nouveau tramway, disparaît en 1906. Et il faut attendre le milieu des Seventies pour qu’un jet d’eau jaillisse à nouveau de la fontaine de l’Hôtel de Ville. Enfin, jaillisse… Il se fait très discret le jaillissement. Mais pour compenser, la ville creuse un bassin (de bonne taille et lui appelé Vauban), presque pile en face de la fontaine, sur la place du Huit-Septembre. Bassin comblé en 2019 sous la pression des bars de la place qui veulent étendre au max leurs terrasses. Deux ans plus tard, toutefois, en toute fin des travaux de rénovation de l’hôtel de ville après l’incendie, la fontaine retrouve, peu ou prou, son aspect du XIXe siècle avec pilastre, dauphins et enfant (petit génie, angelot, on ne sait…) à la coquille. Sculpture dont une légende urbaine raconte qu’elle a été chinée sur une brocante mais il serait plus classe d’écrire qu’elle est signée Carrier-Beleuse, un des maîtres d’apprentissage de Rodin.
F.P.C.
✪ Fontaine de l’Hôtel de Ville : 52, Grande-Rue (La Boucle). Accès : bus ligne 3, 4, 6 et 10, arrêt 8 Septembre.





