Balade au hasard des allées de la promenade Micaud, qu’en toute subjectivité on va classer comme le plus beau jardin public de la ville, entre statues de gloires locales, arbres plusieurs fois centenaires et jeux pour les bambins.
Un (malheureux) candidat à la récente élection municipale nous l’avait décrit comme « le Central Park » de Besançon. C’était osé. Parce qu’entre les 4 et quelques kilomètres carrés du cœur vert de Mahnattan et la poignée d’hectares du parc Micaud, comparaison n’est pas raison. D’autant qu’il n’y a pas de lacs artificiels (et longtemps qu’on n’y a pas vu couler d’eau dans les bassins qui succèdent à la vraie-fausse grotte), qu’à Micaud, on n’a jamais croisé d’écureuils quasi domestiques, juste des hérons au long coup emmanchés d’un long bec qui ont tellement pris la confiance qu’il viennent presque s’installer à la table des familles qui pique-niquent sur les pelouses le week-end.

Peut-être pas Central Park mais de faux airs de la promenade des Anglais de Nice (en plus vert). © La Cédille.
Il n’empêche, c’est le plus joli parc (enfin, le nom officiel est « promenade Micaud ») du centre-ville. Le projet traînait dans les cartons depuis 1830. Il a fallu attendre 1843 pour qu’il se réalise : faut dire qu’il fallait relier une île à la ville via des terrains franchement marécageux. C’est l’inévitable l’architecte-urbaniste Alphonse Delacroix qui s’y cogne, dessinant un jardin à l’anglaise où la nature vit un peu sa vie. L’endroit a vraiment du charme avec sa vue sur le Doubs, la Citadelle au loin, ses allées ombragées d’une bonne centaine d’arbres (y’en avait genre 400 au départ mais certains ont, depuis, croisé lames de scies ou de tronçonneuses…) avec des essences plutôt rares sinon dont on ne soupçonnait pas l’existence : parce qu’un hêtre, ok, on voit (c’est un foyard, quoi) mais un hêtre lacuné, heu…

Just vs Henri. © La Cédille.
La promenade porte le nom de Micaud (Jean-Agathe de son prénom mais ça devait faire un peu long…), maire de Besançon de l’époque qui a bien boosté le projet. Son argument, largement recevable (encore plus aujourd’hui qu’hier) : « les promenades sont plus qu’une chose d’agrément (…) elles sont un besoin ». Comme tout parc qui se respecte, Micaud abrite quelques statues dont (quand un sculpteur rencontre un sculpteur) un monument consacré à Just Becquet du au ciseau d’Henri Greber. Et une sculpture de Louis Pergaud dans la tenue de combat dans laquelle il a trouvé la mort sur le front de Meuse en 1915 (lui, pacifiste convaincu…).

Pour se glisser sous les branches d’arbres au minimum centenaires. © La Cédille.
Au hasard des allées, tu croiseras également un kiosque à musique à l’ancienne, une pergola du XVIe siècle dont on ne sait pas vraiment pourquoi les colonnes ont été plantées là, de récentes tables où jouer aux échecs à l’ombre, le fameux carrousel de la famille Bailly-Cochet et, sûrement, après celle de Velotte, la plus belle aire de jeux de la ville pour les mômes.
F.P.C.
✪ Promenade (ou parc, c’est selon…) Micaud : à l’angle d’un pont où République rime aujourd’hui avec polémique et de l’avenue Édouard Droz (Les Chaprais). Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt Parc Micaud (évidemment).






