LA FONTAINE SAINT-QUENTIN : AVEC DES SEINS PUIS ENCEINTE
Place Victor Hugo, un fontaine historique mais dont finalement (et franchement ce n’est pas faute d’avoir fouillé), La Cédille n’est pas parvenue à retracer vraiment l’histoire.
Honnêtement, on ne sait pas trop (les archéologues en sont encore et toujours au stade des supputations) mais, a priori, de l’eau coulait déjà ici vers l’an 70, sous le règne de l’empereur des W.-C., Vespasien. Eau acheminée par l’aqueduc romain et qui alimentait tout un réseau dans la ville d’alors depuis le bassin du square Castan et un réservoir construit vers l’actuelle cathédrale Saint-Jean.
Quentine la Rousse
Dans tous les cas, la fontaine qui orne aujourd’hui un angle de la place Victor Hugo trimballe une longue histoire. La première a vraiment ressembler à une fontaine semble avoir été construite au cours du XVIe siècle à l’emplacement qu’elle occupe toujours : une ample niche en pierre de Chailluz comme on en croise quelques unes dans la Boucle. De sûr, c’est une sculpture de 1579 façonnée à coup de ciseaux dans le, plus que tendance à l’époque, marbre rouge du village de Sampans (Jura actuel) et signée (comme pas mal d’œuvres de la Renaissance bisontine) Claude Lullier qui orne cette fontaine. Une nymphe qui fait couler l’eau de ses deux seins dans une vasque et qui semble, si l’on en croit quelques anciennes chroniques, faire pas mal d’effet sur la gente masculine. Et que, vu sa couleur, les Bisontin(e)s s’empressent de surnommer « La Rousse ».

Une fontaine restée quelques longs siècles sans sculptures. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Une rousse aux seins nourriciers qui disparaît on ne sait où quand la fontaine est revisitée vers 1756 donc dans le style Louis XV. Il faut pourtant attendre 1997 et une rénovation pour qu’une nouvelle sculpture, La Source, contemporaine donc et signée, elle, du récemment disparu Jens Boeetcher (artiste à qui Besac doit également son fameux Minotaure) retrouve place dans la fontaine. Une silhouette de femme enceinte, avec un visage juste esquissé (les yeux n’y sont pas) et avec encore moins de bras que la Vénus de Milo. Une sculpture qui ne cesse d’interroger les touristes en chemin entre maison de Victor Hugo, cathédrale et citadelle.

Joli jeu d’ombres et de lumières. © Wikipedro.
Ah ouais, sinon, elle s’appelle Saint-Quentin cette fontaine puisqu’il se raconte qu’elle a été construite à l’origine pour l’hôtel particulier du comte de Saint-Quentin. Et là, on se dit qu’on l’a en fait retrouvée cette fontaine survolée dans le premier article de cette série. Sinon que les sources (c’est le cas de l’écrire) diffèrent : cette fontaine tiendrait son nom d’une église voisine consacrée à cet évangélisateur de la Gaule, construite en 1040 et démantibulée par les Révolutionnaires. On en connait même pour écrire qu’avant la mort de notre Victor qui a désormais laissé son nom à la place, ce carrefour historique s’appelait du rondot Saint-Quentin parce qu’on y dansait en ronde… Va savoir…
F.P.C.
✪ Fontaine Saint-Quentin : 1, place Victor-Hugo (La Boucle). Accès : bus lignes Ginko Citadelle ou 3,4, 6 et 10, arrêt Victor Hugo.






