À l’encontre de deux-trois avis Google® signés de mecs bien planqués derrière leurs claviers, un bar-tabac-P.M.U. comme on les aime, sympathiquement populaire.
On ne regarde vraiment pas souvent sinon jamais les avis Google®. Parce que chacun sa subjectivité, hein. Et qu’il est tellement facile juste pour un sourire oublié de te lâcher derrière un clavier (mais tu faisais quoi, toi, comme gueule, ce jour là ?). Mais là, c’est arrivé un peu par hasard et on est tombé sur l’avis d’un certain Laurent qui se plaint d’une « clientèle interlope ». Heu… interlope, ça signifie, si t’ouvres le dico, « d’apparence suspecte ». Il y en a un autre de commentaire aussi bref que bien dégueu d’un Thierry (on est cool, on balance pas les noms de famille, mais bon, ce sont peut-être des pseudos) : « la cour des Miracles ».

Terrasse avec vue (sur la citadelle, au loin). © La Cédille.
Bon, ben, Laurent et Thierry, devez pas trop avoir l’habitude des rades de quartiers, de ceux où tu te fais des potes un petit quart d’heure après t’être posé au comptoir. Comme celui-là, dont, honnêtement, on ne sait pas depuis combien de temps, il occupe un bon bout de façade (entre le bar et le tabac) face à la place du Jura. Désolé, monsieur le Maréchal Jean de Lattre de Tassigny, malgré votre rôle dans la victoire face aux nazis, tout Besançon persiste à l’appeler du Jura, cette place. D’où (tu dois avoir fait le rapprochement) le nom de ce bar : Le Jurassien, d’autant que la rue s’appelait, elle aussi, y’a longtemps, du Jura.
Jurachiens
Au Jurassien, les patrons se succèdent depuis quelques années, les serveuses et serveurs aussi mais l’ambiance reste toujours la même, simplement sympathique. Avec ce mix de clientèle qui, pour nous, fait les bons bars. Les retraité(e)s du quartier qui, au matin, font une pause café (et jeux à gratter) en baladant leurs canidés. Il fut d’ailleurs un temps où comme les serveuses emmenaient également ici leurs clébards (spécial déd à Michel, Berger -suisse- de son état), le bar avait hérité du surnom de « Jurachiens ».

Bobby qui fait tout pour que ce bar conserve son surnom. © Youssef Gemgoul.
Au Jurassien, tu croises évidemment plein d’habitué(e)s venu(e)s pour un paquet de clopes, un Rapido® ou l’apéro du midi comme du soir, qui se sont contentés de traverser la place ou débarquent de bien plus loin juste, justement, pour l’accueil et l’ambiance. Et en terrasse (un peu perturbée par la circulation automobile…), tu croises aussi parfois un cycliste qui pédale sur l’Eurovélo 6 et a quelque peu besoin de se réhydrater, un habitant de Battant qui balade son chien (on y revient !) au long du Doubs.

Classique du lieu, la lecture du journal (comme on dit dans le coin, comme s’il n’y en avait qu’un de journal…). © La Cédille.
Côté déco c’est, avec long comptoir et mezzanines, classiquement moderne. Quelques clichés de Besac oubliés là par un photographe après une expo restent accrochés aux murs. Des concerts s’improvisent parfois le week-end. Et, tiens, une anecdote au passage, Le Jurassien est resté ouvert tard le 24 décembre dernier pour réunir celles et ceux pour qui le réveillon allait se passer dans la solitude. Donc, very sorry, chers Thierry et Laurent planqués derrière vos claviers, à vos « interlope » et « cour des miracles », on rétorque populaire et solidaire…
F.P.C.
✪ Le Jurassien : 37, rue Charles Nodier (La Boucle). Accès : bus lignes 21 et 23 (plus plein d’autres mais qui ne passent pas souvent), arrêt Lecourbe. Et comme ce bar n’est pas franchement le champion d’Internet, tu y passes et tu mates si c’est ouvert (mais c’est, en principe tous les jours, de tôt le matin à, ça dépend… plus ou moins tard le soir).






