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POLIGNY : UNE PETITE VILLE QUI COMPTE PLUS QUE LE COMTÉ

Comme pas mal d’autres d’ailleurs dans le département du Jura, La Cédille l’aime bien cette petite ville (enfin, l’INSEE la classe aujourd’hui comme « bourg rural »…). Et pour les mêmes raisons que le célébrissime écrivain John Steinbeck qui a séjourné à Poligny deux, trois jours en 1952 et qui, de retour aux États-Unis, avait salué dans un article ces « Jurassiens libre penseurs, sensibles aux idées communistes et amoureux du vin ». OK, Poligny vote à droite depuis quelques temps déjà mais pour y avoir pas mal trainé entre trages (ouais, y’a pas qu’à Besac qu’il y a des trages) et comptoirs, ce state of mind qui avait déjà interpellé Steinbeck se rencontre encore aujourd’hui à chaque ou presque coin de rue.

Comme c’est le principe de cette rubrique, tu es censé(e) descendre du train à Poligny dans une petite gare, un brin old school. Mais où une agréable odeur (si tu kiffes ce genre d’odeur là) devrait te titiller les narines. Puisque abandon des services publics oblige (enfin, c’était pas obligé, non plus, hein, mais bon…), le disparu guichet de la gare de Poligny a été remplacé par une machine mais aussi et surtout par l’atelier-boutique d’un torréfacteur artisanal. Si c’est ouvert, tu pourras t’offrir, sur fond de reggae (souvent…), une tasse d’un délicieux kawa, histoire de te booster avant de monter vers le centre depuis la gare. Trajet piéton d’un bon gros quart d’heure jusqu’au cœur de la ville ancienne qui, puisqu’il se fait au long de la Nationale 5, te donne dès les premiers pas, quelque peu envie de vite faire demi-tour histoire de choper le prochain train.

Fromage ou vin ?

Sauf si tu fais un léger détour via la rue Jean-Jaurès jusqu’aux vieilles maisons vigneronnes du quartier de Charcigny.  Puisqu’avant de s’autoproclamer Capitale Mondiale du Comté (ce qui se justifie vu les centaines de milliers de meules affinées ici), Poligny est ville de vignerons. Un chouia moins qu’Arbois, certes, mais c’est quand même à Poligny qu’est née l’idée de la Percée du Vin Jaune, devenue une des plus grandes fêtes viticoles de France, qu’existent une chapelle Notre-Dame de la Congrégation des Vignerons, une statue du vigneron…

À ce stade, tu as maintenant marché une petite demi-heure et te voilà toujours officiellement au long de la Nationale 5 mais, comme ici on l’appelle grande-rue, au cœur de la ville historique. Une ville parmi les plus puissantes de Franche-Comté au Moyen-Âge, alors surmontée d’un château et entourée de fortifications dont ne restent aujourd’hui que quelques ruines hormis la toujours fièrement dressée tour de la Sergenterie (XVIe siècle). Sinon, au long de cette grande-rue, on a renoncé à compter le nombre de bâtiments de caractère que tu va croiser : hôtels particuliers, discret kiosque à musique dans un mini square, classieux hôtel de ville du XVIIe

Avant de te glisser dans les quelques rues adjacentes, histoire de profiter du calme du cloître du couvent des Ursulines ou de découvrir que, pour rester dans les couvents (des Jacobins, celui-là), une église peut devenir une idéale cave à vins. Et vestiges (classés monuments historiques) de couvents, le centre historique regorge. Prends donc le temps de te perdre le nez en l’air dans ce tout petit centre ville. Jusqu’à ce que tes pas t’emmènent inévitablement jusqu’à la place centrale où tu te poserais volontiers sur l’une ou l’autre terrasse de brasseries bien popu si n’y faisaient pas carrefour les anciennes routes Paris-Genève et Lyon-Strasbourg, toujours aussi fréquentées aujourd’hui…

F.P.C.

En train : au départ de la gare Viotte, compte à peine moins d’une heure en TER (une dizaine d’allers-retours par jour). Ça va plus vite qu’en bagnole et si tu es tout seul dans la dite bagnole (vu la zone qu’est en train de foutre Trump au Moyen Orient et le prix des carburants à la pompe aujourd’hui), ça ne te coutera que deux-trois euros de plus. Et si vous êtes plusieurs, y’a plein de réducs (facile à dégotter en ligne) sur les TER Bourgogne-Franche-Comté.

– Office de Tourisme : 63, Grande-Rue. https://www.coeurdujura-tourisme.com/.

– L’église Notre-Dame de Mouthier-le-Vieillard : 9, place Notre-Dame. La plus vieille église de la ville, à peine excentrée (mais vu la taille de Poligny, pas à des kilomètres du centre). Quelques vestiges romans, dont le clocher du XIIe entre autres curiosités (sauf celles parties au Met de New-York…).

La collégiale Saint-Hippolyte : 10, rue du Collège. Du XVe et sans modifications majeures depuis. Bel sinon superbe ensemble de statues de l’école bourguignonne de la même époque à l’intérieur.

– La Maison du Comté : 1, rue de la Maison du Comté (ben tiens !). https://www.maison-du-comte.com/. Bel espace muséographique avec une architecture (en écoconstruction comme ils disent) qui évoque les fermes traditionnelles du haut. Pour tout savoir, de façon plutôt ludique, sur le plus célèbre des fromages français.

Le Café Moka : 2, rue de l’Hôpital (à deux pas de la place centrale). Malgré son enseigne au nom d’une pâtisserie XIXe siècle, un des bars les plus cools que l’on ait croisé (et ce n’est pas faute d’avoir fréquenté comptoirs et terrasses un peu partout dans le monde). Au Moka, t’es accueilli dès la première fois comme si tu venais depuis toujours et en cinq minutes chrono, tu t’es fait plein de potes. Une vraie expérience le Moka. Tu y vas. Tu nous racontes.

La Muse Bouche : 60, Grande-Rue. Sans discuter (enfin on peut en reparler quand t’as testé…) pour nous le meilleur plan de la ville pour déjeuner (voire diner). Du bon, du frais, simplement mais joliment travaillé. Belle carte (qui sort un peu du Jura) des vins, nature ou bios. Bel accueil.

Le Genève & le Relais Polinois : 3, rue Hyacinte Friant (sur la place centrale). Deux des restos d’application du lycée hôtelier Hyacinte Friant qui a formé quelques un(e)s des chefs de restos de Besac dont La Cédille t’as déjà filé l’adresse. C’est donc également un des bons plans de Poligny (avec tout ce que suppose d’approximations, un resto d’application) mais une adresse un brin compliquée (réservations obli, ouverture qui varie pendant les périodes d’examens…). Pour faire au plus simple, tu cliques sur leur site : https://lyc-hfriant-poligny.eclat-bfc.fr/.

Essencia : 24, place Notre-Dame. Minuscule échoppe à l’ancienne où tu vas te ruiner si tu tapes dans les vieux millésimes des stars du vignoble jurassien comme Overnoy ou Ganevat. Mais il y a aussi vins du Jura (toujours nature…) à moindre prix et des fromages régionaux d’exception.

La Fruitière des livres : 3, rue Travot. https://www.librairie-poligny.fr/. One more coup de cœur à Poligny. La librairie locale sauvée par des habitant(e)s réuni(e)s en coopérative (d’où le fruitière…). Le genre de librairie qu’on aime bien où quand tu poses ton premier achat sur la caisse, le (ou la) libraire te demande « mais est-ce que vous avez déjà lu ça aussi ? ».

– Badoz Vins & Fromages : 19, place des Déportés (c’est la place centrale). https://www.vins-comte.com/.  Les vins du domaine Badoz (qui a initié la Percée du Vin Jaune) et, entre autres produits comtois, les fromages d’une autre famille Badoz, installée elle dans le Haut-Doubs.

Café Clandestin : avenue de la Gare. https://www.cafe-clandestin.fr/. Si juste avant de reprendre le train, tu voulais faire le plein de leurs cafés aussi artisanaux que bios.

Pour être francs, l’hôtellerie n’est pas le point fort de Poligny. Reste une superbe adresse de chambres d’hôtes et gîtes : le Clos Grimont, 57, Grande-Rue. https://www.closgrimont.com/. Forcément si elle est superbe cette adresse installée dans un hôtel particulier du XVe siècle et avec un accueil charmant, les prix sont en conséquence…

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