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QUAND PINTE RIME AVEC ABSINTHE

Le Séquane ne devrait pas tarder à fêter ses dix ans. Cela fait donc déjà un petit moment qu’on a y éclusé (on va tout de suite y aller de la formule « l’abus d’alcool, etc » et n’en parlons plus) le demi le moins cher de la ville. Enfin, peut-être pas le moins cher… Mais une bière artisanale et locale (très locale même puisqu’elle a, en ce moment, pris comme nom de baptême la Bousbotte, ce qui s’impose pour un bar de Battant…) à ce prix là, on n’en a encore jamais vu sortir d’un bec à Besac.

Le Séquane est un bar qui a sûrement toujours ou presque été là. Guillaume le boss est, on ne se souvient plus trop comment, tombé sur des actes notariés du début du XXe siècle qui attestent qu’à l’époque un numéro sur deux de la rue abritait un bar (pour le deuxième, c’était une maison close…). Si c’est, peut-être un poil exagéré, ça fait un paquet de décennies, sinon de siècles qu’il est posé au 77 de la rue Battant, ce troquet là. Qui a conservé de son plus récent passé de P.M.U., une déco de bistrot de quartier dans sa salle de gauche et… des toilettes à la turque dont certains graffitis ne laissent pas franchement de doute sur l’amour que porte à la police, partie de la clientèle.

Si tu lis La Cédille depuis le début, ce dont au passage on ne peut que te féliciter, tu dois savoir qui sont les Séquanes. Et donc qu’il porte bien son enseigne ce bar qui ne propose à 99 % que des boissons made in ici, soigneusement choisies, de bières en absinthes en passant par les softs. Pour les bières, une sélection en pression comme en bouteilles (y’en a aussi à emporter) avec laquelle on ne peut, à chaque fois, que tomber d’accord. Même constat pour les absinthes, plus gros choix de la ville sinon de la région.

Et il y a ici l’ambiance qui fait les bons bars. Guillaume qui a fait barman la première fois comme job d’étudiant pense avoir ensuite vraiment appris son métier dans un bled paumé au fin fond de l’Irlande où il y avait presque autant de pubs que d’habitants et… plein d’habitants dans les pubs. Et avoir voulu recréer au Séquane, ce truc là. Pas le décor pub (y’a des fléchettes quand même et service au bar) mais, justement, l’ambiance. Celle que tu as peut-être pu connaître en Albion, sinon dans un bar d’un village de l’intérieur des terres du Finistère ou d’un estaminet du Nord-Pas-de-Calais. Le genre d’endroits où juste se retrouver autour d’un verre (sinon de plusieurs, mais l’abus, hein, tout ça), toutes générations confondues, où la conversation se noue naturellement avec tes voisins, voisines de comptoir, où si tu étais parti pour ne te poser que quelques minutes, va vite s’imposer de faire un peu durer la soirée …

Le Séquane  : 77, rue Battant (Battant, tu t’en serais douté). https://www.facebook.com/p/Le-S%C3%A9quane-Battant-61557024035315/. Accès : bus ligne 8, arrêt Bacchus.

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