Elle porte idéalement son nom cette porte. Taillée, donc. Dans la masse d’un solide éperon rocheux qui dégringole depuis la base de la Citadelle. Les Romains sont les prems à percer cette roche : oh, juste un étroit conduit pour permettre la circulation du flux de leur aqueduc. Jusqu’au Moyen Âge, il n’y a donc, pour qui descend des plateaux, du Haut-Doubs voire de l’Helvétie (ou y grimpe…) qu’un seul accès à Besac, via le mont Saint-Étienne aujourd’hui couronné par la Citadelle. Parce que depuis Morre, il est, à l’époque, plus que difficile de suivre la rive gauche d’un Doubs bien capricieux avant la construction d’écluses et de moulins qui en domestiqueront quelque peu le cours.

Le verso, hier. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Le Moyen Âge décide donc pour permettre le passage des marchands et autres voyageurs d’élargir largement le conduit creusé par l’Antiquité. Cet accès à la ville désormais facilité est forcément contrôlé. Et dès 1546, sous Charles Quint, une tour de guet coiffe le passage creusé dans la roche devenu porte de ville donc fermé la nuit (jusqu’en 1875 !). Le bourdon (la plus grosse cloche quoi) de l’église Saint-Pierre indique aux gardiens de la Porte Taillée quand ils doivent pousser les deux lourds battants de bois. À un tel site, Vauban ne pouvait que mettre son grain de sable : vers 1690, le passage est élargi, un corps de garde construit … Évidemment, au début du XXe siècle avec l’avènement de l’automobile, les battants de la porte se font la malle et la roche est encore pas mal rabotée. D’ailleurs, puisqu’on parle bagnole, il faut un peu de motivation pour aujourd’hui aller voir de près la Porte Taillée : malgré la création de la voie des Mercureaux, ses siècles d’histoire voient passer quelque chose comme 15 000 véhicules par jour…

Le recto aujourd’hui. © Toufik de Planoise.
✪ Porte Taillée : faubourg Rivotte (La Boucle). Accès bus : lignes 11 ou 81, 82, 83 et 87, arrêt Rivotte.






