Portrait revisité d’un des plus discrets (enfin si l’on oublie la circulation alentour et les parkings qui le cernent) jardins publics de la ville.
Aménagé à partir de la fin du XIXe à l’emplacement d’anciens remparts signés Vauban, ce square se classe parmi les plus discrets espaces verts du centre-ville. Il lui manque certes les hectares de Chamars ou Micaud et on y profite quand même pas mal du brouhaha urbain de l’avenue voisine. Mais ce square a son petit charme (avec ses deux vieux réverbères hors d’usage) et sa petite histoire.Tout le monde ou presque à Besac (certains documents officiels, même) persiste, par exemple, à l’appeler square de la Charlotte. La faute à la statue de marbre dressée là depuis 1925. Le sculpteur Hippolyte Lefèbvre (Grand Prix de Rome, pensionnaire de la villa Médicis, etc, etc) l’avait baptisée L’Hiver. Mais comme le maire de Besançon qui l’avait, à l’époque, choisie au Dépôt National des Marbres s’appelait Charles (Krug de son nom de famille), pour les Bisontin(e)s, cette statue est vite devenue La Charlotte. D’autres, comme cette femme est sérieusement emmitouflée l’ont également surnommée La Frileuse.

Bien emmitouflée même en été. © La Cédille.
Mais il en est un autre, statufié entre parking et avenue, un homme cette fois qui, lui, a officiellement laissé nom et prénom à ce square : Élisée Cusenier. Il n’était pourtant pas de Besançon, cet Élisée Cusenier mais né en 1851 à Étalans, bourg dont il fut même maire (si tu passes par là et kiffe les villas bourgeoises fin XIXe siècle, la sienne -au 29, de la rue qui , évidemment porte son nom- mérite un coup d’œil). Et c’est à Ornans qu’il a, au décès de son frère Eugène, poursuivi l’œuvre familiale en conservant longtemps à Cusenier le rang de plus grande distillerie française avec des filiales un peu partout dans le monde, de Londres à Shanghai, de Bruxelles à Buenos Aires.

Élisée Cusenier au vert. © D.R.
Mais à sa mort en 1928, c’est bien aux œuvres de bienfaisance de Besançon qu’Élisée Cusenier a légué une bonne poignée de millions de francs de l’époque. D’où ce buste de bronze signé du bisontin Georges Laëthier posé ici sur un socle en 1934 par la « ville de Besançon reconnaissante », en hommage à ce « bienfaiteur des pauvres ».
Quand on l’a visité en début d’hiver 2026, un programme de réhabilitation s’amorçait dans ce square. Donc on y est retourné. Forcément. Et, bon. Bilan mitigé. Effectivement, des espèces (qui ne demandent qu’à pousser) ont été plantées, plus résilientes donc aptes à supporter les changements climatiques. Ce qui n’a pas l’air simple, sauf à grands renforts de flotte, pour celles, en pot, pont Battant. Enfin, bref, autre sujet…

Petite (mais de toutes façons elle n’est pas bien grande…) portion de la nouvelle aire de jeux. Et heu, comment dire… © La Cédille.
Mais cette nouvelle aire de jeux, franchement, on ne la comprend pas . Le tout en bois brut, pourquoi pas, mais il y en d’autres dans le genre (à Montrapon par exemple) qui font vachement plus envie . Et pourquoi ne pas, par exemple, avoir installé au pied de cet arbre (désolé, on a pas installée l’appli pour les reconnaître) largement séculaire dont les branches ombragent un bon gros quart du parc quelques transats en bois comme dans le tout nouveau jardin René Dumont ? Restent quelque bancs où te poser à l’ombre (quand il y en a) avec un bouquin emprunté chez la voisine médiathèque.
F.P.C.
✪ Square Élisée Cusenier : 3, avenue … Élisée Cusenier ! (La Boucle). Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt République. Bus : lignes 5, 10, 11 et 12, arrêt Centre Saint-Pierre.






