La passionnante histoire d’une famille de passionné(e)s : la famille Bailly-Cochet, dernier fabricant de carrousels de France dont deux tournent à Besançon.
On pourrait te la faire façon bonimenteur de fête foraine d’antan : « allez allez, venez suivre l’étonnante aventure d’une famille qui vous fait tourner la tête depuis sept générations ». On pourrait, parce que l’histoire de la famille Bailly-Cochet (et filles !) mérite d’être contée. Cette donc étonnante aventure des Bailly-Cochet débute en 1865, quand une famille du Jura, les Thurin, achète un carrousel en Prusse, où ce drôle de truc (qui, à l’époque, comme les locomotives, tournait à la vapeur) avait été inventé à peine quelques années plus tôt. Cette famille de forains fait tourner ce manège (juste des chevaux de bois à l’époque) jusqu’en 1902 puis le vend à leur neveu Francisque Cochet, qui l’exploite à son tour et s’emploie à coup d’huile et de peinture à fièrement le conserver dans son état d’origine.

Des chevaux d’hier à la mode d’aujourd’hui. © Bailly-Cochet.
Le carrousel continue à tourner. Mais on vous épargne les naissances, décès, mariages de la famille jusqu’en 1957, quand les deux noms, Bailly-Cochet s’affichent devant les carrousels. On entre ensuite dans les Seventies où dans les fêtes foraines, aux côtés de manèges qui éclaboussent de lumières, de bruits et de sensations, le carrousel commence à accuser son âge.
Mais la famille Bailly-Cochet ne lâche pas l’affaire. Et investit les centres villes (dont celui de Besançon) où le côté old school du « métier » (comme disent les forains pour évoquer un manège) marche bien. Et la famille pousse même jusqu’à créer à Clairvaux-les-Lacs dans le Jura, un atelier de fabrication de nouveaux carrousels, aujourd’hui le dernier de France (et n’en subsistent pas beaucoup en Europe non plus), avec des méthodes d’aujourd’hui comme d’hier (certains moules affichent un bon siècle).

Envie de jouer à Victor Hublot, place de la Révo ? . © La Cédille.
Des carrousels que vous sûrement déjà vu au hasard d’une scène de ciné ou d’une pub et qui font également partie du paysage bisontin : depuis 1983, au square Saint-Amour d’abord, le milieu des années 1990 à Micaud, puis après un passage place du 8 septembre en 2002, enfin posé place de la Révolution en 2021. N’en restent donc que deux à Besac des carrousels Bailly-Cochet : celui de la place la Révolution qui mixe les univers de Victor Hugo et de Jules Verne (Victor Hublot donc si tu embarques à bord du Nautilus)… et le caroussel du Jura du parc Micaud assorti d’une petite boutique où plein de sucrerie (à commencer par la barbe à papa) vont faire tentation…
F.P.C.
✪ Carrousel Victor Hugo : place de la Révolution. Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt Révolution.

Le Jura à Micaud. © Bailly-Cochet.
✪ Carrousel du Jura : parc (ou promenade) Micaud). Accès : tram lignes 1 et 2, arrêt Parc Micaud.
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