Le seul et unique skatepark en plein air -gratos et ouvert à toutes et tous- de Besançon commence sérieusement à accumuler le poids des années. D’où l’idée d’une toute nouvelle association d’en créer un nouveau. De quoi placer Besac sur la carte des villes d’Europe où il fait bon skater, non ?
Il est un paquet de villes dont les offices de tourisme communiquent largement autour de la pratique du skate. Au (presque) hasard, Barcelone, et ce dès la fin des années 1990, autour de son incroyable spot de street devant le MACBA. Au cas où tu ne connaisses pas, c’est le musée d’art contemporain de la capitale catalane. Étonnant d’ailleurs, ces spots ultra connus devant des centres d’art contemporain comme le Kulturforum à Berlin ou… le FRAC à Besac. Normal, plutôt. Le skate a toujours été plus qu’un sport, une culture, globale. Et nombre d’artistes (et pas des moindres) ont signé le design de boards, malheureusement vite détruits au bout de quelques slides.

Signé Jim Phillips pour Santa Cruz, un des designs les plus connus du monde du skate. Juste histoire qu’… histoire que, comme un tee-shirt Trasher, tu saches ce que tu portes. © A. Shiffer Books.
Sinon tiens, tu as Marseille et son bowl du Prado, creusé et bétonné en 1991. Et Bordeaux où le beaucoup trop tôt décédé, Amine Smihi, adjoint au maire (et skateur dans l’âme) a bien bossé pour que sa ville devienne quelque chose comme la capitale du skate en France. Et pour revenir un peu plus près de Besac, un vrai skatepark existe (merci Fred et son asso) à Pontarlier, pareil pour la vieille rivale Dijon. Et Dole devrait inaugurer le sien d’ici pas longtemps. Et pour se rapprocher encore plus de Besac, Serres-les-Sapins (et ses 1500 et quelques habitants) a récemment investit 300 000 euros dans un skatepark. Comme quoi, précise Albin, président de la toute récente asso Besac Street Culture : « une personne au sein de la mairie qui décide qu’un projet est dément mais qu’il faut le faire aboutir, ça marche ».

Mini rampe avec vue. © La Cédille.
Besançon alors ? Depuis la disparition subite des quelques modules posés à l’angle du pont Canot, il y a le Sirocco (park mais indoor avec plein de contraintes d’horaires, d’abonnement à l’année… ce qui, pour un sport quelque peu libre dans sa tête, peut coincer), une mini rampe sur le site de la Rodhia (le projet d’un bowl prévu en 2024 dans le cadre du budget participatif de la ville a été retoqué). Mais il y a un skatepark ! Au pied des bastions de Chamars, à l’orée de la Gare d’eau, avec des modules tout béton, conçus a la fin de l’année 2005.

Honnêtement, fait pas super envie ce park, non ? © J.C.
Autant dire que les modules de béton ont, en un peu plus d’une vingtaine d’années, bien morflés. Que ce skatepark en devient « bien vétuste même dangereux, avec des fissures partout » comme le balance Albin « il n’y a plus grand chose à en faire, il a fait son temps, et n’a pas été fabriqué comme il aurait du ». L’association Besac Street Culture est née il y franchement peu de temps, juste parce que ses membres, skateurs invétérés (même si ouverts à tous les autres sports de glisse urbaine : rollers, BMX, trottinettes…) ont senti une certaine fibre sportive chez le nouveau maire de Besançon. Ils ont, du coup, chopé un rendez-vous avec le nouvel adjoint aux sports (et équipements sportifs). Auquel on se permet de conseiller de lorgner un peu du côté de Nancy : un peu dépassée par la fréquentation d’un park construit après être longtemps resté dans les cartons, l’agglo a décidé d’en créer un autre à Vandœuvre-les-Nancy. Donc bientôt un Beskate ?
F.P.C.
-Pour suivre l’actu de (et le gros boulot mené par) l’asso Besac Street Culture, une page Insta : https://www.instagram.com/besacstreetculture/.






