BACCHUS : CHANGER LE VIN EN EAU
Plus de trace de Bacchus ni de la fontaine du XVe siècle qu’une statue du dieu du vin surmontait. Mais celle construite au XIXe reste immanquable sur les pentes du quartier Battant.
Les toutes premières fontaines publiques de la ville ont été installées dans le quartier Battant dès le XVe siècle. Pas pour faire plaisir aux Bousbot(e)s, hein ? Juste parce qu’il était franchement plus facile de faire descendre, dans ce quartier dont les rues s’accrochent un peu à la pente, l’eau des sources de Fontaine-Argent via des troncs d’arbres évidés.

De Bacchus, ne reste aujourd’hui que le nom et une fontaine où ne coule que de l’eau. © La Cédille.
Des quatre fontaines de Battant dont l’existence est attestée dès ce siècle, quinzième du nom, n’en reste plus que deux. Dont la fontaine Bacchus. Sa construction a été décidée en 1457 par les élus locaux. Et ce n’est pas par hasard si la place comme la fontaine porte le nom de Bacchus, dieu romain du vin (et des états qu’il peut procurer…), parce qu’elles sont toutes deux posées pile au cœur d’un quartier de vignerons et métiers affiliés (le père de notre Pierre-Joseph Proudhon y était tonnelier). Bon… À Battant, la vigne ça eut payé mais… mauvaises récoltes, phylloxéra en 1882, concurrence des vins du sud avec le creusement du canal du Rhône au Rhin… Ne restaient sur les coteaux bisontins au lendemain de la Première guerre mondiale que 120 hectares de vignes (contre 1200 en 1800…).
La vigne, ça eût payé…
Des quatre fontaines de Battant dont l’existence est attestée dès ce siècle, quinzième du nom, n’en reste plus que deux. Dont la fontaine Bacchus. Sa construction a été décidée en 1457 par les élus locaux. Et ce n’est pas par hasard si la place comme la fontaine porte le nom de Bacchus, dieu romain du vin (et des états qu’il peut procurer…), parce qu’elles sont toutes deux posées pile au cœur d’un quartier de vignerons et métiers affiliés (le père de notre Pierre-Joseph Proudhon y était tonnelier). Bon… À Battant, la vigne ça eut payé mais… mauvaises récoltes, phylloxéra en 1882, concurrence des vins du sud avec le creusement du canal du Rhône au Rhin… Ne restaient sur les coteaux bisontins au lendemain de la Première guerre mondiale que 120 hectares de vignes (contre 1200 en 1800…).

Esquisse des restes du Bacchus signé Lullier © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Pour le coup, la fontaine qui emmerdait un peu la circulation dans le quartier a plusieurs fois changé de place. Et la statue de Bacchus sculptée en 1579 par Claude Lullier (un nom qui, si tu suis notre série sur les fontaines, doit maintenant te dire quelque chose) n’a pas trop aimé, par plusieurs fois, être déménagée. Dommage, il semblait faire bonne figure ce Bacchus, tranquille, à califourchon sur son tonneau. Mais n’en restent que quelques morceaux, propriété du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie. Et ç’aurait été volontiers, mais il va être difficile de lui serrer la main au Bacchus de Lullier.

Un Gavroche (forcément…) de Battant. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
La fontaine que tu découvres aujourd’hui a été érigée entre 1853 et 1854 (c’est marqué dessus !). Elle est signée Delacroix. Pas le fameux Eugène, peintre romantique mais l’architecte local Alphonse (Besançon doit également à son crayon la fontaine de la place de la Révolution et le parc Micaud). Un colonne (qui doit bien faire ses cinq mètres de haut) sculptée à sa base de bas reliefs et qui supporte trois vasques de taille croissante (ou décroissante, c’est toi qui voit), taillées dans de la pierre de Velesmes. La fontaine Bacchus s’est refait une beauté au printemps 2024 et de l’eau (en circuit fermé) y coule à nouveau doucement de vasque en vasque. Mais pas de vin, comme c’était autrefois le cas quand Battant était vigneron et célébrait quelques grandes occasions.
F.P.C.
✪ Fontaine Bacchus : place Bacchus (Battant). Accès : bus ligne 8, arrêt Bacchus.






