NEPTUNE, PRESQUE SAUVÉ DES EAUX
Quelque part au milieu du XVIe siècle, l’équivalent du maire (à l’époque) décide que Besac va s’offrir trois fontaines au long de la Grande Rue : la première est creusée dans la façade de l’Hôtel Consistorial (l’actuel hôtel de ville), une deuxième installée devant ce qui était alors le couvent des Carmes, une troisième enfin devant l’hôtel particulier du comte de la Tour Saint-Quentin (entre les numéros 128 et 130 Grande Rue, ne la cherche pas, elle n’existe plus ).

Neptune à poêle. © La Cédille.
Pour alimenter ces trois fontaines est bricolée une conduite en bois au long du pont Battant. Un des gouverneurs de la ville se voit nommé rien de moins que « commissaire aux fontaines », à charge pour lui de bien faire gaffe à ce qu’elles fonctionnent. Pas de chance (l’histoire ne nous dit pas s’il a été viré), faute de pente, l’eau peine à traverser le pont et, dès 1549, ne coule plus dans la fontaine des Carmes. Toutefois, parfois, aujourd’hui le dauphin glougloute encore légèrement… N’empêche que, mine de rien, cette fontaine des Carmes dite également de Neptune est la seule fontaine monumentale de la Boucle à avoir traversé les siècles sans encombres. Enfin sans encombres…

Manque juste le costume, Neptune. © La Cédille.
Notre Neptune, le trident qu’il brandissait hardiment depuis des siècles lui a été volé tellement de fois que la ville a décidé d’oublier de le remplacer. Et ce même Neptune à force de blagues potaches (il doit faire un concours avec le marquis du pont Battant) a même, carrément été amputé des doigts de sa main droite. Mais la niche (en pierre de Chailluz naturellement) est toujours là, depuis le XVIe avec donc cette statue du même siècle signée Claude Lulier : un Neptune chevauchant un dauphin… Ce qui en fait la plus vieille fontaine de la ville.
F.P.C.
✪ Fontaine des Carmes (ou de Neptune) : 88, Grande Rue (La Boucle). Accès : bus ligne 3, 4, 6 et 10, arrêt Saint-Maurice.






