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MÉDIATHÈQUE PIERRE BAYLE : UNE CASERNE À LA PAGE

Le bâtiment à franchement de l’allure pour une caserne. Forcément. Conçue par l’ingénieur des Ponts et Chaussées et architecte Jean Querret, elle a aussi et surtout été voulue par Louis XV pour montrer toute la puissance de Besançon, place forte sur laquelle son arrière-grand-père avait mis la main largement déjà consolidée par Vauban. Achevée en 1754, la caserne (baptisée Lyautey beaucoup plus tard : le maréchal du même nom est né pile un siècle après sa construction…)  n’a, de fait jamais servi de …caserne. Consacrée à l’intendance, elle accueillait stocks de vivres et boulangerie puis a connu diverses autres affectations jusqu’à ce que l’armée décide, en 1963, de la céder à la ville de Besançon.

Ville qui a, elle, mis dix bonnes années avant de trouver une nouvelle destinée à l’ancienne caserne en y  installant, en 1973, le Centre de Recherche et d’Information Pierre Bayle, nom choisi en hommage à un philosophe précurseur des Lumières (qui, si tu te poses la question, n’a aucun rapport avec Besançon). Ce lieu qui accueille spectacles de théâtre et projections audiovisuelles (dans le genre un peu expérimental) que le tout Besançon appelle vite « centre Pierre Bayle » tout court, ouvre également en 1978 un service documentaire avec quotidiens, hebdos et mensuels à dispo. En 1985, la municipalité fait face à l’évidence des chiffres : il n’y a, à Besançon, qu’une toute petite partie de la population – la moitié, par rapport à la moyenne nationale- à fréquenter les bibliothèques de la ville. Et décide en conséquence la création de la médiathèque Pierre Bayle, qui ouvre un an plus tard.

Cette médiathèque, la plus centrale et la plus fournie (quelques 85 000 documents aujourd’hui…) de la ville subit un sérieux lifting (près d’un an de travaux) en 2010. Mais conserve (comme écrit dans la première ligne de cet article) franchement d’allure : portail côté avenue Cusenier, cours pavées, marches de pierres usées par des générations de pas, voûtes au dessus de dalles (en pierre de Chailluz)… Bon, s’il n’y a pas de fauteuils style Louis XV où se poser avec magazines ou bouquins, la médiathèque Pierre Bayle a plein d’autres atouts. Même si (ce doit être un problème de latéralisation…) on n’a jamais bien compris quel sens emprunter pour, ce qui est des romans, suivre l’ordre alphabétique des rayonnages.

Mais on kiffe, vraiment, le rez-de-chaussée, sa vieille presse d’imprimerie et ses rayons enfants et jeunesse. Comme les coups de cœur collés sur romans, essais ou B.D. (chouette rayon, là encore), des bibliothécaires. Et il y a un ou deux autres recoins qu’on aime bien aussi (même si la déco gagnerait à être un peu plus chaleureuse), comme la salle informatique où se connecter à Internet (dommage, le site de La Cédille présente, d’après leur Firefox, des risques de sécurité…), les quotidiens régionaux et nationaux en libre accès… Et la foule d’animations proposées au cours de l’année.

Ah, et ouais, au fait, pour revenir à la case B.D., c’est dans une des cours de cette caserne (aujourd’hui esplanade Anne Ubersfeld) que l’un des pères fondateurs de la bande dessinée, le joyeux Luron Georges Colomb a.k.a. Christophe situe plusieurs épisodes des ces Facéties du sapeur Camember, soldat du (et non de…) Génie, corps d’armée dont on peut encore voir les armes sculptées au dessus d’une porte.

F.P.C.

✪ Médiathèque Pierre Bayle : 27, rue de la République (La Boucle). https://bibliotheques.besancon.fr/.   Accès : tram, lignes 1 et 2, arrêt République ; bus, lignes de 3 à 6 et 11-12, arrêt République (pareil) ou 5, 10, 11 et 12, arrêt centre Saint-Pierre. Et pour emprunter bouquins (ou mensuels, le choix est assez impressionnant), il faut s’inscrire, mais seule une pièce d’identité suffit, fastoche !

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