La longue histoire de l’hôpital du Saint-Esprit, dont la tour est le plus vieux monument civil de Besançon (si l’on oublie la Porte Noire).
Après Montmart et la Pelote, on repart pour une tour avec celle de l’ancien hôpital du Saint-Esprit, dont les pierres du premier étage ont été maçonnées au XIIIe siècle.Une période du Moyen Âge où il est très tendance de fonder des ordres hospitaliers comme, aux alentours de 1180 et à Montpellier, celui du Saint-Esprit. À Besançon, c’est un certain Jean de Cicon (un nom de famille qui témoigne de, parfois l’importance, hum, d’une cédille…), seigneur de Montferrand (où il a château, évidemment) qui créé à Besançon au tout début du XIIIe siècle donc, une maison du Saint-Esprit pour accueillir «tous les déshérités de la vie». Un établissement qui fait école, contribue largement à l’expansion de l’ordre du même nom dans le comté de Bourgogne, puis bien au delà : au XVe, les Hospitaliers du Saint-Esprit ont construit un petit millier d’hôpitaux dans toute l’Europe dont, pour une grosse moitié, le « siège social » est à Besançon.

La tour du Saint-Esprit après un gros début de rénovation. © La Cédille.
Du tout premier hôpital du Saint-Esprit bisontin ne subsistent que quelques bâtiments dont cette tour (qui a gagné quelques étages au XVe siècle) dont on se contentera de regarder murs de pierre et conique toiture de tuiles depuis le quai Vauban depuis qu’on récemment disparu les derniers échafaudages d’une radicale restauration soutenue par l’asso des Amis de la Tour, de nombreux donateurs, mécènes et autres partenaires dont l’inévitable, dans ce genre d’histoire, Stéphane Bern. Parce que pour en découvrir l’intérieur, son sublime escalier à vis hexagonal ou sa charpente à tomber à la renverse, il semble qu’il va être nécessaire de faire preuve d’un peu-beaucoup de patience.
Une galerie pas encore prête à épater
Même patience pour que s’ouvre à nouveau la grille qui ferme la petite cour qui abrite une franchement superbe galerie de bois dont le décor sculpté fait très médiéval avec ces monstres qui bouffent la pointe des poutres même si les historiens semblent être tombés d’accord (enfin presque…) sur le fait que l’ensemble remonte au XVIe siècle.

Détail d’une galerie sculptée pas encore à la vue de tous les regards. © Région B.F.C.
Mais il est des occasions (on t’explique tout ça plus bas) pour découvrir l’ancienne chapelle de l’hôpital (XIIIe-XVe) devenue en 1842, temple protestant. Derrière un portail néo-gothique du XIXe siècle, la nef, avec étroites fenêtres et larges et basses voûtes sur croisées d’ogives, conserve elle une vraie influence cistercienne avec des chapiteaux discrètement romans.

Les voûtes d’avant le temple sous le crayon de Pierre Marnotte. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Pour le reste, les bâtiments qui accueillent aujourd’hui la présidence de l’Université datent d’une époque (le XVIIIe) où le lieu conserve son sens de l’accueil (c’est un orphelinat jusqu’en 1797) comme en témoigne, en surplomb du portail principal, l’ensemble sculpté de la Charité qui, comme la tour hier, menace aujourd’hui un peu ruine…
✪ Ancien hôpital du Saint-Esprit : accès, tram, lignes 1 et 2, arrêt Révolution. Le temple est à deux pas, au 5 rue Goudimel et peut se découvrir dans le cadre des cultes du dimanche (à 10 h30) ou de concerts (comme ceux aux chandelles organisés par Fever : https://feverup.com/). Les bâtiments XVIIIe où est installée l’Université se dressent entre le 1, rue Goudimel et le 29, quai Vauban, l’occasion de passer devant la tour, au n° 7 du même quai. Et si tu veux éviter que la Charité ne dégringole sur le trottoir de la rue Goudimel, scanne le QR code que tu vas trouver sur le portail. Pour toi, c’est gratuit, pour la Charité, ça peut rapporter quelques pépètes.






