Petite balade urbaine à la découverte des dernières maisons à pans de bois de la ville, entre autres vieilles bâtisses de Battant.
Avant le XVIe siècle, Besançon comptait une écrasante majorité de maisons à pans de bois (à colombages, si tu préfères). Puisque si l’on en croit un document du XIIIe siècle, seuls trois Bisontins avaient, au Moyen Âge, choisi la pierre pour construire leurs demeures. Quelques grands incendies, comme celui de 1452 qui a détruit tout le quartier du marché (actuelle place de la Révo’), ont transformé bois et torchis en cendres. Et pour les éviter au max, ces incendies de masse, les élus locaux de la fin du XVe ont multiplié arrêtés et autres ordonnances pour interdire ce genre de constructions, imposant la pierre à la ville.
À l’alsacienne
Seules trois maisons à pans de bois subsistent aujourd’hui, toutes dans le quartier Battant. La plus jolie (construite au XVIe siècle, difficile de lire la date exacte, un peu effacée, sur l’encadrement de pierre de la porte) bombe le torse au 13, rue Thiémanté, à deux pas de la place Marulaz. Il faut écrire qu’elle a été sérieusement rénovée (la façade ne faisait pas cette tête là dans les années 1990…) et est fleurie (à l’alsacienne), de géraniums dès le printemps.

Détail du 13 rue Thiémanté (sans les géraniums…). © La Cédille.
Grimpons ensuite jusqu’en haut de la rue du Grand-Charmont (au 5) pour découvrir un petit bout de façade (fatiguée…) à pans de bois. On redescend ensuite vers la beaucoup plus imposante maison qui marque l’angle des rues du Séchal et du Petit Charmont. Ici, pareillement, les poutres de la façade ont bien-bien subi l’outrage des siècles mais la baraque est toujours debout.
Demain, je serai la plus vieille
À quelque pas (au 32, rue de la Madeleine, là où se séparent rues des Frères Mercier et du Grand Charmont), se dresse une haute maison, que beaucoup considèrent comme la plus vieille de Besançon (les mêmes qui persistent à l’appeler la maison -de la cordonnerie- Morro !…). De sûr, elle est posée là depuis le XVe siècle mais son pignon a été ajouté au XVIIe siècle. Pas de colombages toutefois, noyés en ce même XVIIe sous un torchis qui a retrouvé sa couleur jaune pale grâce à une rénovation au début des années 2000.

Avant la cordonnerie Morro, une boulangerie. © Mémoire Vive/ Ville de Besançon.
Mais bon, cette maison est elle vraiment-vraiment la plus âgée du quartier sinon de la ville ? Il en est d’autres qui pourraient prétendre au titre. Comme au 97, rue Battant, avec une haute et solide bâtisse élevée au XVe siècle pour de riches marchands du quartier et qui a aujourd’hui encore franchement de la gueule, entre les lourds vantaux de bois à claire-voie qui ferme l’accès à la cave et les fenêtres à croisées du deuxième étage. Après avoir longtemps accueilli une chouette adresse sous l’enseigne Le Vin et l’Assiette , la bourgeoise maison abrite aujourd’hui le tiers-lieu Le 97.

Un 97 rue Battant, tout en hauteur. © JGS25






