Il ne reste que quelques pierres de la porte de Charmont qui gardait dès la toute fin du XIIe siècle une des entrées de Battant. Et personne ou presque pour n’y jeter ne serait-ce qu’un coup d’œil. Surtout pas l’automobiliste plus soucieux de se glisser dans les méandres de la place Leclerc ou de checker s’il reste une place sur le parking Battant. Les minots bousbots qui, aux beaux jours, font de la piste d’éducation routière et des bastions signés Vauban un chouette terrain de jeux aimeraient bien elles et eux -ils nous l’ont raconté…- descendre les quelques marches mangées par la mousse pour s’inventer mille et une histoires entre ces pierres chargées… d’histoire. Mais barrières et barbelés les en empêchent, irrémédiablement. Comme tout le monde. On se contentera donc de se pencher depuis la balustrade de l’avenue Siffert sur ce qui subsiste de la porte de Charmont : escaliers donc, tunnel, meurtrières et canonnières… Son origine remonte (on l’a écrit plus haut, si tu ne suis pas vraiment) au XIIe siècle. Vers 1429, pointent deux tours toute rondes qui encadrent un couloir fortifié qui ne laisse, a priori, pas beaucoup de chance à un éventuel assaillant. Charles Quint fait encore améliorer ce système défensif. Mais pas Vauban qui préfère construire une nouvelle porte (de Charmont, encore) juste au dessus du fort Griffon et se sert de la première porte de Charmont (toujours) comme souterrain pour le bastion de… Charmont.

Vue de la porte en 1618 sur le plan de Chifflet. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Le XIXe siècle va déglinguer la médiévale porte de Charmont, les années 1930 celle de Vauban (malgré une campagne de presse à l’échelon national). Ne restent donc aujourd’hui que ces quelques vestiges de l’originale porte de Charmont, signalés par une plaque émaillée bien vintage et d’un adorable kitsch avec sa calligraphie genre médiéval.

Juste parce qu’on l’aime bien cette plaque émaillée. © La Cédille.
✪ Porte de Charmont : en contrebas de la place Leclerc, au tout début de l’avenue Siffert (sur les hauts de Battant). Accès : si tu prends le bus, que l’embarras du choix avec la ligne 6, arrêt Lycée Jules Haag ou si tu as envie de t’offrir (une vraie expérience !) une traversée piétonne de la place Leclerc, les lignes 6 (toujours) arrêt Leclerc, 9 et 10 arrêt Siffert ou, enfin, la 3, arrêt Voirin.






