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Besac version latine 8/9

PAS FACILE D’ENTRER DANS L’ARÈNE

Chaque fois que l’on croise rue d’Arènes des visiteurs d’un jour en train de se diriger vers ce que le plan de l’office de tourisme leur indique comme des arènes, difficile -sinon impossible- de ne pas leur conseiller de rebrousser chemin. Parce qu’on sait très bien qu’ils s’imaginent tomber sur un amphithéâtre dans le genre de ceux qu’ils ont éventuellement découverts à Arles ou Nîmes. La version anglaise du plan de visite de Battant pourrait, d’ailleurs, le laisser croire… Alors, OK, d’accord, cet amphithéâtre romain construit vers l’an 60 et qui aurait accueilli (entre autres joyeusetés) quelques combats de gladiateurs jusqu’au IIIe siècle pouvait rivaliser, de par son ovale de 122 mètres sur 104, avec ceux qui, dans le sud de la France, ont survécu au passage des siècles.

Sur un mur de la Madeleine, une inscription qui pose question. © La Cédille.

Mais à Vesontio, dès que l’empire romain s’est effondré, les arènes ont fait de même. Elles ont vite servi de carrière de pierres pour construire les baraques du quartier. Y’avait juste à se servir. Pratique. Les maçons de l’église de la Madeleine, dans une de ses phases de reconstruction, semblent également avoir fait partie du lot. Semblent parce c’est, paraît-il, une légende. Mais les inscriptions latines sur certaines pierres de cette église, côté rue de l’École, persistent à nous poser question. Enfin, Vauban, avec sa manie de tout modifier, a encore dégagé quelques unes de ces pierres romaines.

Arrête ton char, Ben Hur (sur le parking)

Ne restent donc aujourd’hui des arènes de Besançon qu’au long de la rue d’…Arènes, quelques enseignes (le P.M.U. des Arènes, la pizzeria Arena) qui en maintiennent le souvenir, le bâtiment du lycée Condé dont les architectes ont, via un arrondi, tenté d’évoquer le passé du lieu et les jardiniers de la ville qui s’appliquent à tailler des topiaires qui peuvent également rappeler les gradins de l’amphithéâtre romain. Sinon, c’est un parking. Et pas le plus glamour de la ville (sauf pour les fans de street art)…

Même pas un pète, ce casque. © D.R.

Subsistent toutefois quelques discrets vestiges de l’époque romaine : un morceau de façade, quelques marches d’escaliers et les bases de galeries qui conduisaient aux gradins. Juste une grosse poignée de vieilles pierres, au final, même si classées Monuments Historiques. Donc si vous voulez vous la jouer Spartacus (pour les Boomers) ou Gladiator (pour les Zoomers), c’est loupé. Enfin, au cas où, il y a, exposé au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, un joli casque découvert sur place dont personne ne te contestera le droit d’imaginer qu’il coiffait un gladiateur… Même si les archéos penchent plutôt pour un légionnaire romain.

F.P.C.

✪ Vestiges des arènes : entre le haut de la rue Marulaz et l’avenue Charles Siffert (Battant). Accès : bus, lignes 4 ou 6, arrêt Janvier ; tram ligne 1, arrêt Canot.

Des vestiges qui ne donnent pas le vertige. © Wikipedro.

✪ Et pour le casque ! Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie : 1, place de la Révolution (La Boucle). https://www.mbaa.besancon.fr/. Accès : tram, ligne 1, arrêt République.

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