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UNE BIBLIOTHÈQUE QUI EN CONNAIT UN RAYON

Le déménagement est annoncé. Mais comme ce n’est pas prévu pour demain matin, on pousse les portes et on balaye l’histoire de la plus vieille bibliothèque de la ville.

Mais que peut-il bien se cacher derrière cette porte capitonnée ? © La Cédille.

La France doit à quelques ecclésiastiques ses plus anciennes bibliothèques publiques. Première (a priori : on attend les commentaires des historiens) à ouvrir ses portes : celle du couvent des Capucins à Salins (ouaip, chez nos proches voisins jurassiens) en 1593. Suivent Paris avec, fondée en 1643 au long du quai de Conti, une bibliothèque qui ouvre l’accès au public à la collec perso du cardinal Mazarin. Puis, a priori encore, Besançon (on attend toujours les commentaires des historiens), avec des étagères posées au sein de l’abbaye Saint-Vincent en 1696, suite au legs, deux années auparavant, de l’abbé Boisot :  bouquins et manuscrits (entre autres collections : le musée des Beaux-Arts plante également ses racines dans cette donation) dont une large partie avait appartenu à la famille de Granvelle. Bon, les Révolutionnaires récupèrent les piles de bouquins de la bibliothèque publique Saint-Vincent et les dispatchent entre l’hôtel de ville et quelques sites eux aussi quelque peu empruntés à l’Église.

Grace à Napoléon

C’est le Premier Consul Bonaparte (Napoléon de son prénom) qui, en 1803, incite fermement les municipalités à rendre à nouveau accessibles au public les collections saisies par la Révolution. En conséquence, en 1808, les élus bisontins prennent la décision de construire une vraie bibliothèque. Dix bonnes années de travaux s’avèrent nécessaires pour l’ouverture officielle au printemps 1818 de ce qui doit bien être (hé, les historiens, vous suivez toujours ?) le premier bâtiment public construit en France pour accueillir une bibliothèque. Quelques modifications suivent pour aboutir en 1839 à l’ensemble d’aujourd’hui qui entourent de ses bâtiments une cour centrale avec fontaine.  Les noms des bibliothécaires qui s’y sont succédé devraient évoquer quelque chose aux Bisontin(e)s ne serait-ce que pour les avoir lu sur une plaque de rue : les deux Charles, Nodier et Weiss, Auguste Castan…

Incunables, etc.

© Ville de Besançon.

Entre des boiseries de1827, les rayonnages de la bibliothèque d’étude et de conservation (c’est son nom d’aujourd’hui) accueillent des milliers et des milliers d’ouvrages qui remontent pour certains à il y a bien-bien longtemps. Tu ne vas, évidemment, pas repartir avec un incunable du XIIe siècle sous le bras, même avec ta carte de bibli. Mais, en demandant gentiment au bureau, tu peux avoir accès à un bon paquet d’étonnants documents, à consulter dans une salle de lecture, toute en chuchotis. On ne s’en d’ailleurs pas privé pour un certain nombre sinon un nombre certain d’articles de La Cédille. Et les visites, entre une ou deux fois par mois, des salles historiques valent le déplacement. Pour l’ambiance. Celle, pour situer, des bibliothèques de cinéma du Nom de la Rose ou de Harry Potter. Enfin, toutes proportions gardées…

F.P.C.

✪ Bibliothèque d’Étude et de Conservation  : 1, rue de la Bibliothèque (La Boucle). https://bibliotheques.besancon.fr/.  Accès : bus lignes 3, 4 ou 6, arrêt Saint-Maurice.