De déménagement en déménagement, la candidate de la France Insoumise aux municipales connaît plus que bien un paquet de quartiers de Besançon. Même si son cœur semble être resté à Battant.
Rendez-vous calé dans un recoin d’un vaste bar du bas de Battant. Bon. Pas franchement notre tasse de thé cet endroit là. A priori, pas celle de Séverine Véziès non plus : d’ailleurs, elle était plutôt tasse de chocolat chaud ce jour là. Mais ce jour là, justement, et à cette heure là, y’avait pas franchement d’autre choix dans le quartier. Parce que, on l’a vite compris, il fallait que la rencontre se fasse à Battant, quartier de cœur de Séverine Véziès depuis son premier appart d’étudiante au 16, rue d’Arènes.

La première adresse bisontine de Séverine Véziès. © La Cédille.
Séverine Véziès débarque donc à Besançon pour ses études, depuis Montbéliard et son quartier de la Petite Hollande. Pour faire un rapide raccourci, c’est le Planoise de Montbé, la Petite Hollande, avec ses immeubles à étages qui se sont empilés dès le milieu des Sixties pour, notamment, accueillir les ouvriers des usines de la galaxie Peugeot. Le papa bossait donc naturellement à « la Peuge ». Et de cette famille d’un milieu qu’on appelait encore prolétaire, Séverine Véziès, pur produit d’une école républicaine qui servait encore d’ascenseur social, est la seule à suivre des études supérieures. Un destin d’expert-comptable l’attend qui, finalement, ne la motive pas plus que ça. Passage par l’I.U.T donc, ensuite, pour une licence en co-développement et un « bouleversant voyage » en 2008 jusqu’en Jordanie. Et la visite d’un camp de réfugiés qui décide d’un engagement humanitaire ancré localement : de la CIMADE au Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers en passant par le Pôle Migrants des 408…
« Jean-Luc »
C’est « convaincue » par la campagne pour les présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 qu’elle entre vraiment en politique. Séverine Véziès est ensuite de toutes les campagnes de celui qu’elle appelle Jean-Luc tout court, dès celle pour les Européennes de 2014 emmenée par un Gabriel Amard, alors Lédonien et « important dans (sa) formation politique ». Séverine Véziès peut ensuite, de mémoire, égrener toutes les dates où elle a activement participé à d’autres campagnes électorales à tous les échelons mais souvent en arrière-plan : directrice de campagne, suppléante…

En 2022, quelque part dans ce département du Jura où « Jean-Luc » a, comme à Besançon, quelques attaches. © La Cédille.
Jusqu’à ce que Séverine Véziès s’investisse pleinement, se sentant « prête : je travaille beaucoup, je n’aime pas faire les choses à moitié, je veux être à la hauteur des exigences que j’ai pour moi même ». Jusqu’aux récentes législatives. Jusqu’à -après une légère mésentente avec Anne Vignot…- devenir tête de liste pour Les Insoumis aux élections municipales de Besançon. Une ville dont, atteinte de déménagite aigüe (on vient d’inventer le terme…), elle a habité tous ou presque les quartiers : de la rue Peclet (« à la grande époque du Carpe Diem ») aux Tilleroyes, de Rivotte à Saint-Claude et on en passe. Et si Séverine Véziès vit aujourd’hui dans la Boucle, ce n’est surement pas un hasard si le local de la France Insoumise est installé au cœur de Battant. Et si sa première conférence de presse pour la campagne des municipales s’est tenue au Bodega de la rue de la Madeleine.
LES SEPT LIEUX DE SÉVERINE VÉZIÈS
La candidate nous les a balancé cash, comme ça, ses sept lieux préférés de la ville avant même que n’aie même vraiment commencé la discussion.
1. Les sept collines : du coup, on les a déjà les sept ! Mais Séverine Vézies a des arguments recevables : « il n’existe pas beaucoup d’autres villes où gagner la pleine nature en quelques minutes depuis le centre ».
2. La gare d’eau : enfin surtout le coin « où il y a le héron, vers les jardins populaires, pour la vue sur le Doubs et la colline de Chaudanne ».
3. Le quartier Battant : dans son ensemble, « de Champrond à Arènes ».
4. Le Séquane (et son voisin d’en face, le Bacchus) : « pour l’ambiance, la clientèle populaire, les bières locales ».
5. Le Montjoye : alors, ouais, La Cédille a décidé qu’il était, dans un top, tout à fait possible d’être nostalgique de lieux aujourd’hui disparus comme cet ancien cinéma devenu salle de concerts dont Séverine Véziès garde les précieux souvenirs « d’une vraie scène rock, de groupes dont les tournées ne passent plus par Besançon ».
6. Séverine Véziès qui « adore bien manger » a pour le coup un peu triché (mais on en est tombé d’accord avec elle : « le choix s’avère difficile »). Donc pas une mais deux de ses tables préférées : côté gastronomie italienne, Cucina e Piacere, atelier, boutique, épicerie et resto posé au 4 ter, faubourg Rivotte et côté gastronomie tout court, le Saint Pierre, au 104 rue Battant, parce que « les prix sont très raisonnables et le patron très drôle ».
7. Et un panorama, un : celui sur la ville depuis la citadelle. Un lieu que Séverine Véziès aimerait ouvrir encore plus aux Bisontin(e)s avec, entre autres, plus de concerts comme celui de Dominique A dont elle conserve un souvenir ému.






