La capitale française du froid abrite un gentil patrimoine. Mais on remonte surtout le Doubs jusqu’à sa source pour une nature dont profiter pleinement, chaussé de skis ou de raquettes ou les fesses posées sur une luge.
Mouthe, tu connais. Sûrement. Peut-être parce que le réalisateur Gérald Hustache-Mathieu y a trouvé son Twin Peaks pour le film Poupoupidou en 2011 puis, plus tard, la série télé dérivée Polar Park. Peut-être aussi parce que Mouthe marque, depuis 1979, la ligne d’arrivée (bon, pas trop, ces dernières années…) de la Transjurassienne, une des plus célèbres courses de ski nordique du monde, deuxième plus longue épreuve de la discipline après la suédoise Vasaloppet. Au passage, expliquons de suite à certains élus d’extrême droite que si, souvent, les participant(e)s s’avouent super content(e)s d’avoir fait « Lamoura-Mouthe » et qu’il y a « trans » dans Transju’, rien à voir avec de la propagande queer…
Mains froides, cœur chaud
Mais, en fait (à notre avis, en tous cas), si tu connais Mouthe, c’est parce que ce gros bourg (presque petite ville avec son collège et son hôpital) détient toujours le record national de la plus basse température jamais enregistrée par Météo France avec un -36,7 °C, le 13 janvier 1968 ; un janvier quelque peu glacial donc avant un mois de mai plutôt chaud un peu partout en France… Comme quelques uns de ses voisins du Haut-Doubs (Les Fourgs…) comme du Haut-Jura (Bois d’Amont…), Mouthe est un village-rue typique de ces montagnes où l’on a longtemps (avant les lotissements pour frontaliers…) préféré aligner les maisons pour laisser de la place aux pâturages des vaches. Un bourg qui semble un peu tristounet si l’on se dépêche de le traverser mais qui abrite un gentil petit patrimoine si l’on prend la peine de se balader au long de la … longue (elle dépasse le kilomètre) rue principale.

Un hôtel de ville de (presque) conte de fées. © Mairie de Mouthe.
Avec, puisque tu vas arriver en bus, pile face au premier arrêt, un hôtel de ville du XIXe siècle mais style Renaissance (allemande) et qui avec ses tourelles coiffées de toits conique fait très Disneyland. Les plans sont signés Pierre Marnotte, architecte qui a, entres autres édifices, laissé à Besançon l’actuel musée des Beaux-Arts et la synagogue. L’église de l’Assomption (XVIIIe) est elle typiquement comtoise avec sous le dôme à l’impériale de son clocher, un maître autel tout en dorures baroques. Et sur la place de l’église est solidement posée depuis le Moyen Âge, la pierre des redevances ou les Meuthiards de l’époque venaient payer leur dîme.
Une seconde nature
Mais, pour être tout à fait honnêtes, le voyage jusqu’à Mouthe se fait aussi et surtout pour l’extraordinaire nature qui entoure le bourg (évidemment commune du Parc Naturel Régional du Haut-Jura) et la voisine source du Doubs. Une nature que La Cédille t’invite donc à découvrir ici en hiver quand les combes typiques du massif offre un formidable terrain de jeux au skieur nordique comme au randonneur à raquettes, voire au néophyte complet qui se contentera de deux-trois descentes en luge ou en bob. Et, comme depuis que la France y accumule les médailles, le biathlon est devenu un sport des plus populaires, on peut à Mouthe s’initier à cette discipline avec l’École du Ski Français locale.
F.P.C.
ON Y VA
– En bus : la ligne Mobigo LR 203 se poursuit, au delà de Pontarlier, jusqu’à Mouthe pendant la saison d’hiver. Premier arrêt au centre bourg, second au pied des pistes. Bonne idée ! Enfin en semaine, avec un aller-retour par jour (idéal donc pour une journée à la neige). Pour le week-end, Mouthe semble vouloir vous garder sous la couette : un seul aller le samedi matin, un seul retour le dimanche soir… Toutes les infos sur : https://www.viamobigo.fr/.
ON S’INFORME
– Office de Tourisme : 3 bis, rue de la Varée. https://www.destination-haut-doubs.com.
ON GLISSE
– Location : si tu descends du bus, les mains dans les poches (enfin, prévois quand même des gants !), plusieurs points pour louer du matos (skis alpins ou nordiques, snowboards, raquettes…). Le mieux situé est évidemment au pied des pistes vers la source du Doubs (infos https://www.espacesourcedudoubs.com/ ). Sinon c’est au long de la Grande-Rue : chez Pré Bouillet Skis (au n° 47, http://www.locationskismouthe.fr/ ) où l’on trouve également bob et luge pour les mômes avec même un drôle d’engin entre la poussette et la luge pour les plus petits, enfin à partir de 3 ans ; et chez Pécoud Sport (au n° 3. https://www.pecoudsport.com/).
– Ski alpin : une toute petite station familiale avec quatre pistes, idéale pour les mômes et les débutants (qui sont parfois mais pas toujours les mêmes…). Forfait à pas cher et enneigement plus ou moins garanti puisqu’il y a des canons à neige (qui ne sont pas trop notre truc, mais bon…).
– Ski nordique : petit rappel, il faut avant de s’élancer sur les boucles s’acquitter d’une redevance (payable à l’office du tourisme, chez Pré Bouillet Skis…). S’il y a une courte piste spécial débutants vers la source du Doubs, c’est au départ de Chez Liadet (qu’on peut gagner depuis Mouthe via une piste d’un petit cinq kilomètres) que s’ouvre vraiment le superbe domaine nordique de Mouthe, avec une petite soixantaine de kilomètres de pistes tracées en alternatif et skating au long de ces superbes combes dont le massif du Jura conserve le secret. Plusieurs niveaux de difficultés dont une noire qui porte évidemment le nom du champion olympique enfant du pays Fabrice Guy et qui rejoint un autre haut site du ski nordique au Pré Poncet.

Quand c’est toi, le roi des forêts. © Gilles Goelzer/Montagnes du Jura
– Raquettes : pareil que pour le ski nordique, redevance obligatoire et il faut rejoindre depuis Mouthe et en une poignée de kilomètres, le lieu-dit Chez Liadet : trois pistes (soit 20 km) balisées dont une toute petite (deux kilomètres) qui t’emmène au site de Chez Mimi où l’on se demande encore aujourd’hui comment le Conseil Général du début des années 1990 avait pu décidé d’y installer, sur 400 hectares, un circuit automobile… Projet démentiel heureusement abandonné après une vraie mobilisation populaire.
– Luge : ou bob. Tu devrais, sans problème, trouver quelques pentes où glisser.
ON MANGE UN BOUT
– Le Chalet de la Source : route de la Source-du-Doubs. https://www.lechaletdelasource.fr/. Idéalement situé aux pieds de la station de ski alpin et au départ des pistes de ski nordique et des itinéraires raquettes. Salle de bistrot de montagne, accueil à la cool et bonne cuisine maison, jamais bien loin de son terroir.
– Chez Liadet : route des Charbonnières. https://www.chezliadet.com/. À trois plantés de bâtons de la frontière suisse,un genre d’institution locale, installée dans le forcément chaleureux cadre d’une ancienne ferme d’alpage. Cuisine généreusement familiale à base de produits du coin : entre omelette et assiettes de charcut’, roestis et fondues. Et sur résa, raclette et clocherade (viandes à cuire sur une méga cloche de vache).
ET PLUS SI AFFINITÉS (S’IL VOUS PRENAIT L’ENVIE DE RESTER)
Les adresses précédemment citées proposent également l’hébergement : des chambres toutes boisées, simplement confortables (avec quelques familiales) pour le Chalet de la Source. Et pour Chez Liadet, un dortoir de 10 couchages et des chalets à la mode plus alpine que jurassienne qui s’étagent sur un flanc de la combe dont le plus grand peut accueillir jusqu’à 12 personnes. Mais, en cette saison, sans résa, c’est pas gagné…

Dans le coin de Chez Liadet. © Chez Liadet (naturellement…).






