Le candidat du Rassemblement National brigue pour la deuxième fois la place de maire de Besançon. Après avoir été celui du minuscule village de Tressandans où il possède une résidence secondaire. Depuis la place Granvelle, une balade virtuelle et mémorielle entre Battant et la Bouloie.
C’était il y a quelques soirées, dans le cadre d’une émission de débat, quelque part sur le service public de la télévision. Un philosophe dont, on est trop sorry pour lui, le nom ne nous est pas resté en mémoire (son positionnement très à droite, en revanche oui) finissait par en convenir : « au Rassemblement National, il y a la vitrine et l’arrière boutique ». Pour le coup, c’est une vitrine, Jacques Ricciardetti, que l’on rencontre derrière une… vitrine. Une de celles de la Brasserie Granvelle où la tête de la liste Changeons Besançon a, de longue date, ses habitudes.

Une rencontre sur les banquettes du fond (à droite). © Brasserie Granvelle.
Un pur Bisontin, Jacques Ricciardetti, malgré son nom de famille transalpin (qui lui a valu récemment de se faire traiter de macaroni par un troll des réseaux sociaux surement encore plus à droite que lui), né à l’aujourd’hui disparue clinique du Bon Secours, « chez Quichon » comme il dit. Un pur Bousbot même parce que toute son enfance s’est vécue à Battant. Une scolarité au fil des écoles publiques du quartier : de Champrond à la Madeleine (dont il se souvient « d’un instit communiste », André Vagneron, figure locale sinon nationale du P.C.).
Attachement à Battant
Et un attachement qu’on sent vraiment sincère à ce quartier dont Jacques Ricciardetti peut même t’embarquer faire un tour complet, en quelques minutes de conversation, avec des souvenirs absolument intacts des enseignes (voire des noms des proprios) de plein de commerces aujourd’hui disparus de Battant. D’ailleurs, le candidat Rassemblement National, pour fréquenter régulièrement ce quartier (si lui vit au long des rails de l’ancien funiculaire de Bregille, sa « maman » y habite toujours) estime Battant « en déshérence », sinon « à l’agonie »…

La place Jouffroy vue du clocher de la Madeleine. © Jean-Claude Tupin/Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Un fervent catholique aussi, Jacques Ricciardetti, dont la vie est, jusqu’à aujourd’hui, liée à l’église de la Madeleine : il se souvient du cathé, du patronage de la cour du 37, rue Battant. Se souvient aussi avoir chanté dans la Manécanterie et même joué un rôle dans la crèche de Battant. Mais derrière sa moustache modelée à la française (forcément…) Jacques Ricciardetti assure que c’est de son « papa » qu’il a hérité son patriotisme (il s’avoue même « cocardier »). Un père d’origine bergamasque mais qui a toujours refusé qu’on parle italien à la maison, trop attaché à cette France qui lui avait offert une vie que l’Italie ne lui avait pas permis. Certains sociologues évoquent la sur-intégration, on va écrire que c’est un peu de ce concept là dont il est question dans l’engagement politique de Jacques Ricciardetti.

Les voies de l’ancien funiculaire qui bordent aujourd’hui la maison de Jacques Ricciardetti à Bregille. © Toufik de Planoise.
L’engagement politique de Jacques Ricciardetti s’incarne d’abord à la fac de Droit de la Bouloie où en 1984, il rejoint le syndicat étudiant UNI. Ensuite, il y aura l’arrêt d’études de notariat (« l’école sentait trop la poussière ») à Dijon, l’entrée dans la vie active, d’abord (toujours à Dijon) comme « vendeur de crédits » chez Cetelem (non, ce n’était pas lui le bonhomme vert…) puis depuis 1991 à la SACEM à Besançon.
Plus ou moins d’outrances
Avant, après plusieurs rencontres, du recteur de l’académie Pierre Magnin, ancien résistant et « gaulliste en rupture de ban » à René Mars, un temps figure régionale du Front National, de prendre en 2012 sa carte au Rassemblement National, parti dont le candidat aux municipales de Besançon estime qu’à l’époque il a laissé derrière lui « les outrances de Jean-Marie Le Pen ». Il semble, toutefois, parfois en subsister quelques unes de ces outrances. Avec dans le genre, la saillie de Thomas Lutz (en troisième position sur la liste pour les municipales de Jacques Ricciardetti) en pleine séance du Conseil Régional sur les untermensch (en français sous-hommes) expression qu’appliquaient les nazis à tous ceux qui n’étaient pas de bons aryens…
F.P.C.
LES SEPT LIEUX DE JACQUES RICCIARDETTI
1. La place Jouffroy d’Abbans : « le cœur de battant » où toujours vit sa maman.
2. Macadam Pizza : à l’angle de la rue Marulaz et du quai Veil-Picard. « Parce que c’est le premier à avoir inventé à Besançon le concept de pizzas à emporter ». Même rôle de pionnier qu’il attribue (et, là, on ne peut qu’en tomber accord) au Big Ban de ce même quai Veil-Picard.
3. La promenade Micaud : en souvenir des journées des jeudi (puis des mercredi) passés à, enfant, y jouer avec ses copains.
4. La Brasserie Granvelle : place Granvelle évidemment. « The place to be » pour Jacques Ricciardetti et depuis ses années étudiantes.
5. Le panorama depuis le belvédère de la Chapelle des Buis. Notamment la vue sur la citadelle, « le phare bisontin » de Jacques Ricciardetti «largement sous évalué ».
6. Chez Gianni : aujourd’hui disparu resto italien de la rue Richebourg, sur les hauts de Battant dont le candidat a la nostalgie « de la convivialité, des pâtes de la nonna… ».
7. Les trages de Battant qui ont « bercé son enfance ».






