LA CATHÉDRALE SAINT-JEAN 1/3
Pour cette première étape à Saint-Jean, contentons nous d’une vue de l’extérieur qui, déjà, a quelques trucs à nous raconter sur la longue histoire de la cathédrale de Besançon.
Tombons en, d’emblée, d’accord : la cathédrale Saint-Jean de Besançon ne figure pas (ne figurera sûrement même jamais…) dans les top 10 , même 20, des « plus belles cathédrales de France » que proposent nombre de sites internet. Juste parce que, vue de l’extérieur, cette cathédrale n’a pas l’exubérance gothique de celles sur lesquelles, depuis un ample parvis, on lève les yeux à en frôler le torticolis : Amiens, Chartres, Reims, Rouen (peinte on ne se souvient même plus combien de fois par Monet), Strasbourg et on en passe. Saint-Jean n’est même pas non plus la meringue néo-byzantine de la Major à Marseille. Ce qui ne lasse pas de surprendre le touriste de passage comme le ou la Bisontin(e) de fraiche date : « non, mais c’est ça votre cathédrale ? ».
En terrain glissant
Il faut donc préciser le contexte, écrire que cette cathédrale s’est nichée au pied du mont Saint-Étienne, sur le flanc d’une pente plutôt sévère : une topographie pas franchement propice à de lyriques envolées architecturales. D’ailleurs, ses deux premières tours-clochers n’ont pas trop tardé à s’effondrer ; la dernière plutôt deux fois qu’une après une reconstruction façon gothique. Et quelques glissements de terrain ont fait dégringoler d’autres morceaux de Saint-Jean.
Chœur à chœur
Il n’empêche qu’elle a quelques siècles derrière elle la cathédrale Saint-Jean. Même s’il y a un peu dispute sur les dates chez les historiens comme chez les archéologues, ses premières pierres semblent avoir été posées à l’époque romaine de Vesontio. Plus sûrement, son premier sérieux relooking se fait au début du IXe siècle, avec une particularité propre au style caroligien : deux absides donc deux chœurs se font face (ce qui est toujours le cas, aujourd’hui). Et c’est au Xe siècle que cette cathédrale semble (on n’a pas reçu en mains propres le document qui en fait preuve) prendre officiellement le nom de Saint-Jean.

Une illustration (restitution ?) dont ne sait pas grand-chose sinon qu’elle représente Saint-Jean au premier plan et, perchée tout au fond, Saint-Étienne. © Inconnu !
Enfin cathédrale… L’aujourd’hui disparue église Saint-Étienne (construite sur le site de l’actuelle citadelle) a quelques siècles durant contesté le titre à Saint-Jean : une « querelle des chapitres » qui a fait grand bruit à l’époque, fâchant tout rouge comtes de Bourgogne, rois et papes… Mais c’est justement un pape (né à Quingey, ça a peut-être aidé…) Calixte II (ne cherche pas plus loin le nom du parvis de Saint-Jean) qui règle le problème au XIIe siècle. De la cathédrale pas mal modifiée sinon carrément reconstruite en ce même XIIe (après un édifice du siècle précédent voulu par Hugues de Salins) ne reste, vu de l’extérieur, pas grand chose : juste quelques culs de lampe romans sculptés sur le chevet ouest, à découvrir en se glissant sous le porche qui conduit aux bureaux du Rectorat, à droite, juste avant la cathédrale et juste après la Porte Noire.

S’il manquait à ta vie de savoir ce qu’est un cul de lampe, en voilà un, au chevet de la cathédrale. © La Cédille.
Sinon, toujours vue de l’extérieur, la cathédrale Saint-Jean est beaucoup plus récente : le portail principal (et son fronton forcément dédié à saint Jean) a été reconstruit dans les années 1730 par un architecte dont l’histoire n’a pas su retenir le nom. L’étincelant clocher, immanquable dans le paysage dès que tu prends un peu de hauteur à Besançon, date des mêmes décennies de ce siècle là. Et pour le coup, on sait que Nicolas Nicole (architecte à qui Besac doit, entre autres édifices, sa Madeleine) a pas mal bossé sur la charpente.
F.P.C.

Un clocher immanquable (qui plus est depuis sa récente rénovation). © La Cédille.
✪ Cathédrale Saint-Jean : 10, rue de la Convention (La Boucle/Saint-Jean). Accès : bus, lignes 3,4,6 et 10, arrêt Victor Hugo.






