LA CATHÉDRALE SAINT-JEAN 2/3
Visite de l’intérieur de la cathédrale Saint-Jean. Une visite un peu guidée, un peu à l’arrache. En gros, juste ouvre les yeux, lève le nez. Et si, par hasard, tu t’interrogerais, les « chefs d’œuvre » de Saint-Jean sont prévus à la prochaine étape.
On croit te l’avoir déjà expliqué dans le premier article (d’une série de trois, donc) sur la cathédrale Saint-Jean : l’édifice a, de sa longue histoire, hérité d’une disposition plutôt rare, sinon dans la partie est de la France. Les professionnels de la profession appellent d’ailleurs ça un plan roman-rhénan avec deux chœurs qui se font face. Dans celui, aujourd’hui utilisé pour la liturgie, surprenant mobilier contemporain dont une cathèdre (le fauteuil de l’évêque, quoi) désignée en 2012 par Jean-Marie Duthilleul, architecte de plusieurs gares TGV dont celle de Besançon. Une très cubiste pièce en marbre des Pyrénées qui remplace un fauteuil offert par Napoléon en 1802 dont l’épiscopat commençait à trouver qu’il ressemblait justement un peu trop justement au trône impérial.

Copuler en chœur. © François Julien.
Toujours dans le chœur, élégante Vierge à l’enfant sculptée vers la fin du XIVe siècle et posée square Castan jusqu’en 2012 quand un évêque décide de mettre à l’abri dans la cathédrale cette statue dite également « Vierge du pilier ». Des piliers du chœur qu’il faut regarder de bas en haut puisqu’ils sont surmontés d’une bonne grosse vingtaine de chapiteaux romans (XIIe) qui comme le voulait l’époque (enfin, les sculpteurs de l’époque…) flirtent parfois avec le grivois. Chapiteaux romans dont les piliers de la nef supportent encore également une dizaine d’exemplaires.

Deux missionnaires régionaux, martyrs au Vietnam. © Gabriel Vieille.
La toiture romane a elle, ravagée par un incendie en 1212, été transformée en une voûte gothique qui mixe, selon les spécialistes, influences champenoises et bourguignonnes. Tiens, puisque tu as la tête en l’air, profites en pour jeter un coup d’œil aux vitraux. Tous sont contemporains (installés entre les années 1930 et 1950) évoquent, dans l’ensemble, l’histoire religieuse de Besançon et de la Franche-Comté et méritent le coup d’œil. Dans la nef, deux trucs à ne pas rater non plus. La loggia Renaissance aménagée au XVIe siècle au sein de l’église Saint-Étienne et sauvée de la destruction de cet édifice en 1673. Et la chaire à prêcher, de pierre polie, pur style gothique flamboyant (1469). Il se raconte que François de Sales y a prêché en 1608.
Le compte des comtes
On part maintenant faire le tour des chapelles du côté nord. Pour te repérer, au cas où la boussole de ton smartphone ne marche pas trop, c’est sur ta droite, quand tu tournes le dos au chœur liturgique. Premier arrêt devant la chapelle du Sacré-Cœur également appelée « des comtes de Bourgogne », puisque c’est un peu le cimetière (la crypte abrite leurs sépultures) de huit de ces anciens souverains d’une région qui, à l’époque correspondait plus à la Franche-Comté qu’à la… Bourgogne. Aux murs, ces comtes sont représentés sur huit toiles peintes par le bisontin Édouard Baille, copies du cours du XIXe siècle de fresques du XVe qui ornaient les tombeaux du « cimetière des comtes » à l’origine dans l’ancienne église Saint-Étienne.
Chacun sa chapelle
Sinon, au fil des chapelles qui suivent tu pourras dans celle des Fonds Baptismaux (il sont de marbre et de 1671, souvenirs de l’ancienne église du couvent des Jacobins), te poser devant un long bas relief de 1560, une Cène, signée de Claude Arnoux dit Lulier, autrefois pièce maitresse du jubé de la cathédrale détruit sous la Révolution.

Lulier fait une Cène. © D.R. (WikiArchi).
Enfin, dans la chapelle des saints Ferréol et Ferjeux, un autel qui planquerait un fragment de la colonne à laquelle ces deux légendes de la ville auraient été ligotés avant d’être décapités. Si tu connais un peu-beaucoup la cathédrale, tu as remarqué qu’on a zappé, au fil de ces chapelles, celles qui abritent quelques immanquables « merveilles » comme les décrit le flyer dispo à l’entrée, la Rose de Saint-Jean et la miraculée toile Notre-Dame-des-Jacobins. Mais ce n’est que partie remise. Reste en ligne…
F.P.C.
✪ Cathédrale Saint-Jean : 10, rue de la Convention (La Boucle/Saint-Jean). Accès : bus, lignes 3,4,6 et 10, arrêt Victor Hugo. Ouverte tous les jours jusqu’à Pâques de 9 h à 18 h 30 (19 h ensuite jusqu’à la Toussaint). Régulières visites guidées organisées par l’office de tourisme.






