UN PEU CADUQUE L’AQUEDUC

Quand la nature reprend doucement ses droits. © JGS25
Comme pour les arènes, de l’aqueduc de la Vesontio romaine ne reste franchement pas grand-chose à se mettre sous les yeux. Pour dire, il a fallu attendre 2021 et la pression d’une poignée de passionnés pour que la dernière partie de ce qu’il en reste soit classée Monument Historique.
Construit vraisemblablement quelque part vers 70, quand régnait Vespasien (mais au dessus de la station de traitement des eaux de la Malate, un panneau annonce une construction un siècle pile plus tard, sous Marc-Aurèle…), cet aqueduc courrait pourtant à flanc de colline sur une dizaine de kilomètres, des sources d’Arcier (aujourd’hui sur le territoire communal de Vaire) au square Castan. Un square dont le sous-sol comme celui du proche Hôtel de Région cachent quelques souvenirs de cet aqueduc romain, malheureusement inaccessibles (hors très rares occasions) à tout un chacun. Le (ou la) fan de la Besac Version Latine doit donc quitter la ville pour une balade le long du Doubs, entre la Porte Taillée (à l’origine, juste percée d’une ouverture suffisamment large pour laisser passer le dit aqueduc) et Arcier, pour découvrir les vestiges de l’aqueduc dit de Besançon (ou d’Arcier, justement). Discrets, ces vestiges et même pour certains difficilement identifiables même si la route de la Malate les frôle. C’est pas le pont du Gard, quoi… En fait, les Romains avaient construit une galerie, haute à la louche d’1,50 m et large de la moitié (toujours à la louche). Très légèrement en pente, évidemment, cette conduite antique, et souterraine pour éviter l’érosion comme le gel. Pas spectaculaire mais plus qu’ingénieux, pour l’époque, cet aqueduc qui parvenait à conserver un niveau de pente quasi constant malgré les difficultés du terrain, entre blocs de roches et vallons creusés par les ruisseaux (dont le bien nommé Val d’Enfer…). Mais l’édifice a chuté avec l’Empire Romain, la nature a repris ses droits et ne reste plus aujourd’hui qu’une grosse poignée de toutes petites parties visibles de l’aqueduc construit par les Romains…
F.P.C.
✪ Pour découvrir ce qui subsiste de l’aqueduc de Besançon, le vélo est idéal. Compter, jusqu’aux premiers vestiges, un petit quart d’heure depuis le faubourg Rivotte (où, si tu n’as pas ta propre monture, tu trouveras une station Vélocité) et entre ¾ d’heure et une heure, en roulant tranquillement, jusqu’aux Sources d’Arcier. L’office de tourisme propose sur son site (https://www.besancon-tourisme.com/fr/) un circuit (Au fil de l’eau) qui, en 2 h 30, te fait découvrir quelques histoires d’eau (dont celle de l’aqueduc). Office de tourisme qui organise également, aux beaux jours, des visites historico-techniques des sources d’Arcier. Sinon, si tu n’as pas trop envie de pédaler, en bus, la ligne 87 qui démarre au square Saint-Amour (La Boucle) t’emmène, à l’arrêt Ferme, à quelques minutes, à pied d’une petite portion sauvegardée de l’aqueduc. Et si tu as vraiment la flemme, existe un site (pour tablette et smartphone seulement) pour une visite semi-virtuelle : https://arcier.visite.zone.






