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Besac version latine 7/9

TOUJOURS LE MÊME GIMMICK, LES MOSAÏQUES

Une mosaïque à laquelle tu ne fais pas nécessairement gaffe quand tu « passes au tribunal ». © La Cédille.

« Ici, tu creuses un trou, tu tombes sur un Romain ». Une phrase qu’on a, au comptoir, entre deux pastis, souvent entendue à Marseille. La même qu’on aurait pu, toujours au comptoir, mais entre deux Pont’, entendre à Besançon. Parce que Vesontio a régalé les archéologues avec, notamment, une jolie collection de mosaïques romaines. Les premières découvertes remontent à la fin du XVIIe siècle. Au tout début des Sixties, Henri Stern, un des premiers archéologues français a, sincèrement, s’intéresser à la mosaïque antique en dressait déjà un inventaire d’une bonne cinquantaine pour la Besançon des premiers siècles. Outre celles des domus de la fac de Lettres et du collège Lumière, on peut en découvrir une de (très) loin derrière les grilles du bâtiment qui abrite le Conseil Régional, une autre de (beaucoup) plus près, accrochée au mur, juste à côté de la salle d’audience E du Palais de Justice où des travaux d’extension l’ont mise à jour en 2000.

Neptune contre Méduse : match nul

Sinon, les plus spectaculaires, récupérées au cœur de l’aussi vaste que luxueuse domus aujourd’hui recouverte par le collège Lumière, sont exposées au musée des Beaux Arts et d’Archéologie. Dont l’ample (200 m2, et ce n’en est que le médaillon central…) mosaïque de Neptune dont la découverte a pris quelque temps : une bonne grosse partie des carreaux a été mise à jour en 1973, les suivants entre 2001 et 2004.

Neptune a arrêté son char aux Beaux-Arts. © M.B.A.A.

Bon… À notre avis (qui n’engage que nous), cette mosaïque présente plus un intérêt historique (elle a traversé 19 siècles pour terminer au rez-de-chaussée de ce musée) qu’artistique. Parce que quand on mate char et chevaux, on réalise qu’il a fallu attendre la Renaissance pour que nos voisins transalpins inventent la perspective. Et Neptune tire vraiment une drôle de tronche. En revanche, les artistes de cet atelier de mosaïstes devaient être aquariophiles parce que les poissons sont franchement plus réussis. C’est un peu la même histoire avec la mosaïque de la Méduse, la gorgone grecque étant, qui plus est, amputée de sa mâchoire inférieure. Sinon, la section archéologique du musée abrite également, pour la période romaine, encore une vaste mosaïque celle là purement à motifs géométriques (et superbe !), des objets déposés dans les tombes de l’antique nécropole de la Viotte (de part et d’autre de la rue de Vesoul), de la vaisselle un peu classieuse (assiettes en métal, verres à vin), une maquette de ce à quoi pouvait ressembler la Domus où ont été retrouvées ces mosaïques. Et on arrête là, sinon, ça va faire un peu La Cédille fait une fixette sur les mosaïques.

F.P.C.

✪ Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie : 1, place de la Révolution (La Boucle). https://www.mbaa.besancon.fr/. Accès : tram, ligne 1, arrêt République.

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