ROME SWEET ROME

Pas si fous, ces Romains, qui avec l’hypocauste avaient inventé le chauffage au sol. © D.R.
C’est un des secrets cachés de Besançon. Bien caché même, sous les bâtiments de la fac de Lettres (Sciences Humaines, Sociales, etc.) de la rue Mégevand. Une luxueuse villa romaine (une domus si on veut se prendre, le temps d’un mot, pour un historien ou un archéologue) fortuitement découverte au tout début des années 1920 par des ouvriers du B.T.P. qui bossaient sur des travaux d’extension de la Banque de France. Tout pareil que dans une scène du Fellini Roma (film de …Fellini, évidemment) quand une pelleteuse qui creuse un tunnel pour le métro de Rome ouvre les portes d’une villa un brin bourge de la Rome antique. Mais l’archéologie préventive n’était pas trop le truc des années 1920, ni des décennies qui ont suivi. Et même si de nouveaux travaux, pour l’université cette fois, ont ensuite mis à jour d’autres vestiges de cette domus, une bonne partie de ce vaste ensemble a été enfoui et recouvert de bitume.
Mosaïques & Co
Il n’empêche. Le peu qu’on peut en découvrir aujourd’hui est des plus surprenant, émouvant et plein d’autres mots qui riment avec « ant ». D’autant plus qu’entre passerelles d’accès et jolie mise en lumière, la visite est un vrai plaisir. L’occasion d’abord de réaliser que la Besançon romaine n’avait pas grand chose à envier à Rome, que la bourgeoisie locale de ces siècles anciens ne lésinait pas sur les moyens. L’occasion, toujours, d’apprendre (pour celles et ceux qui ne le savaient pas) que les Romains avaient déjà inventé le chauffage au sol avec l’hypocauste (on persiste à se prendre pour un historien ou un archéologue).
Ensuite, ce qui subsiste de cette domus abrite, outre des marbres sculptés et -encore vaguement- polychromes, nombres de jolies mosaïques dont la plus ancienne semble dater de la première phase de construction de cette bourgeoise villa : l’époque flavienne, une dynastie d’empereurs née au 1er siècle dont tu dois, au moins connaître le premier, un certain Vespasien à qui l’on doit -enfin, c’est une légende urbaine…- l’invention des toilettes publiques. Au final, une étonnante plongée dans les sous-sols de Besançon et l’histoire antique de la ville (avec un peu de vaisselle d’époque en prime).

Des mosaïques aux murs comme au sol. © D.R.
✪ Le lieu ne se découvre (hors occasions très spéciales comme les Journées du Patrimoine) qu’en réservant auprès de l’office de tourisme (www.besancon-tourisme.com), une de ses visites guidées (rares, elles aussi). Sinon, si tu réunis une bande de potes ou ta famille (5-6 personnes minimum), l’association des étudiant(e)s en Histoire de l’Art et d’Archéologie Sucellus peut vous organiser une visite. Les contacter ici : asso.sucellus@gmail.com et s’armer d’un peu de patience…





