UNE TOUR QUI JOUE À LA PELOTE BESAC
Après la tour de Montmart, la frangine mais donc pas jumelle, tour de La Pelote posée au bord du Doubs depuis la Renaissance.
On aurait franchement bien aimé te raconter une histoire de princesse qui aurait déroulé une pelote de laine pour, avec l’aide d’un chevalier servant, s’échapper du grenier où elle était enfermée. Dommage, l’histoire est plus prosaïque : le terrain sur lequel a été édifiée cette tour vers la fin du XVe siècle aurait été acheté à un riche négociant bisontin, un certain Pierre Pillot dont le nom a oralement été déformé au fil des siècles. Petite digression (la première de cet article) : la bourgeoise famille Pillot anoblie en cette même fin du XVe a, quelques siècles plus tard, offert sa plus belle histoire d’amour à Apollinaire avec la vésulienne de naissance Marie-Louise de Pillot-Coligny (la Lou des Poèmes et Lettres à…).

La tour d’avant hier. © Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Deuxième digression (seconde … Puisque c’est, promis, la dernière de cet article) : tournait autrefois au pied de la tour de la Pelote un foulon, moulin qui battait (ou foulait, donc) les draps, pour assouplir leurs fils de laine. Si le ruisseau de la Moullière qui l’actionnait se jette toujours aujourd’hui dans le Doubs, ce moulin a disparu sans laisser de traces, mais ses maillets et autres pilons qui battaient les draps ont donné son nom à une rue voisine puis à tout un quartier : Battant évidemment. Comme pour sa voisine Montmart, les architectes et maçons de la tour de la Pelote devaient avoir bien bossé pour que Vauban décide de la conserver pour son bastion de Battant.

La tour d’aujourd’hui. © La Cédille.
Du temps de Vauban la tour traverse tranquillement les siècles jusqu’au XXe quand, quelque part au milieu des années 70, s’y installe un resto sous l’enseigne, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, La Tour de la Pelote. Cette adresse, longtemps un des passages obligés de Besançon (cuisine dans la grande tradition, ambiance forcément médiévale) disparait dans les flammes dans la nuit du 10 au 11 décembre 2013. Au petit matin, de la tour de la Pelote, ne restent plus que les solides murs de pierre. De lourds et longs travaux entamés en 2016 lui redonnent de sa superbe (de l’époque Vauban). Le pointu toit couvert de tuiles aussi rouges que plates planque à nouveau une superbe charpente à l’ancienne (ni clou, ni vis). Il est, alors, question de faire de la tour de la Pelote un lieu d’exposition. Mais comme l’idée remonte à il n’y a pas loin de dix ans et que rien n’a bougé, elle semble avoir été jeté aux oubliettes. Reste cette ronde silhouette qui fait définitivement partie du paysage bisontin.
F.P.C.
✪ Tour de la Pelote : 41, quai de Strasbourg (Battant). Accès : bus lignes 8, arrêt Strasbourg ou 3 et 5, arrêt Isembart. L’office de tourisme (https://www.besancon-tourisme.com/fr/) organise occasionnellement des visites guidées. Mais pour être tout à fait francs, c’est une jolie (la charpente, la vue sur le Doubs et les quais depuis des fenêtres du XVe) coquille vide.






