Focus sur Food not Bombs, louable initiative née en 1980 aux États-Unis dont le concept a été repris à l’identique ou presque à Besançon en 2008 sous le nom de Resto Trottoir. Soit des repas gratuits sur un fond un brin militant : le collectif ne se cache pas d’être proche du milieu local anarcho-libertaire.
Depuis 1995 et la publication en français du manifeste du mouvement Food not Bombs par des Québécois (qui avec le toujours stupéfiant sens de la traduction anglais-français qui caractérise nos lointains cousins est devenu De la Bouffe pas des Bombes), une petite dizaine de collectifs se sont constitués en France dont un à Besançon en 2008 sous le nom de Resto Trottoir.

Une des premières affiches du collectif américain (les anglophones auront repéré le clin d’œil à Proudhon…). © Food not Bombs.
Le tout premier collectif Food not Bombs a été créé en 1980, dans la célèbre ville universitaire américaine de Cambridge (la fac d’Harvard, entre autres, y est installée). À l’origine, l’idée est des plus simples : récupérer gratos des produits invendus, les cuisiner et offrir des repas gratuits, à tout le monde, des gens de la rue aux classes bourgeoises en passant par les étudiant(e)s, histoire de créer du lien social, des échanges, des débats, parfois sinon souvent, militants. Parce qu’à son lancement le premier collectif américain n’a pas choisi son nom au hasard : Food not Bombs. Mangeons gratuit contre le développement mondial de l’arsenal nucléaire. À cette cause, s’en sont ajoutées bien d’autres, évidemment avec plein de mots qui commencent par anti : militariste (donc), capitaliste, spéciste, écologiste (ah, non, là, il n’y a pas anti, bien en contraire…).

Le premier tract de 2008 (qui explique sûrement mieux que nous…) le concept du collectif. © Resto Trottoir.
Malgré quelques grosses frictions (avec passage par la case prison), au long des années 1980 à 2000, avec les keufs ricains (les États-Unis traversent alors les mandats Reagan puis Bush père et fils…), le mouvement a semé ses graines, partout dans le monde avec, à ce jour, un bon millier de collectifs Food not Bombs. Dont celui de Besac, fidèle au principe des fondateurs du mouvement donc entièrement autogéré (logique dans la ville des Lip…) qui propose chaque dernier dimanche du mois, un repas complet (les gâteaux sont souvent dans le genre à aller en reprendre une part), vegan et où les grandes tablées mixent un peu tout le monde : habitant(e)s du quartier bien inséré(e)s socialement, gens qui vivent entre rue et squats, étudiant(e)s activistes, curieux de passage…

Bientôt (enfin, on l’espère, tout comme le collectif), le retour place Marulaz. © La Cédille.
Quelques dizaines (ça fluctue) de bénévoles (les Trottant(e)s) se chargent de collecter les produits, de les cuisiner et de les servir (avec le sourire). Pour nettoyer la vaisselle (fournie), c’est à toi de t’y coller. Ces Restos Trottoirs sont également un moyen de se réapproprier l’espace public et d’y faire débat, façon agora antique, autour d’un thème annoncé sur les affiches placardées (enfin surtout dans Battant…). Autour des tables et des gamelles, une zone de gratuité s’installe où se partagent bibelots, fringues, bouquins… Donc, dans l’ensemble, une belle initiative et une expérience à vivre.
F.P.C.
✪ Resto Trottoir : jusqu’à la fin (imminente) des travaux de place Marulaz, son lieu de prédilection, le Resto Trottoir se balade, chaque dernier dimanche du mois et selon la météo entre l’arrêt de tram Battant du quai Veil-Picard et les arcades du quai Vauban. http://restotrottoir.blogspot.com/. Accès donc : tram lignes 1 et 2, arrêt Battant.






