Après une rencontre (en vrai) avec son directeur de la publication, Toufik de Planoise, quelques lignes pour te donner envie de lire les… lignes du Ch’ni, média en … ligne de Besançon (et d’un peu au delà…), farouchement indépendant, plus « engagé que militant » et qui, malgré ses modestes moyens, sort régulièrement des scoops.
Depuis (à deux mois près, à la louche), deux ans qu’il est en ligne, le journal Le Ch’ni énerve. Peut-être -sûrement même- parce que pour reprendre la vieille formule d’Albert Londres (tu sais, le mec dont on a donné nom et prénom à ce prix, un peu l’équivalent du Nobel, qui récompense chaque année les meilleurs journalistes francophones) : « notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». C’est ce que fait l’équipe du Ch’ni qui, donc, énerve. L’extrême droite d’abord (ou ultra… Enfin, on ne sait plus trop comment l’appeler cette droite là, à force de plus compter les « brebis galeuses » que les moutons). Parce que Le Ch’ni n’a de cesse de dénoncer les troubles agissements des vitrines de l’extrême droite comme de leurs potes groupusculaires qui, en Franche-Comté, clament à longueur de posts sur les réseaux sociaux leur sympathie pour les croix gammées.

© Peha pour Le Ch’ni
Le Ch’ni énerve tout autant la droite dite républicaine : Toufik de Planoise s’est récemment fait virer manu-militari du premier meeting de campagne pour les municipales de Ludovic Fagaut. Et ce « journal engagé plus que militant » d’après Toufik énerve même dans son camp (on ne va pas te cacher que Le Ch’ni se positionne clairement à gauche, « une ligne assumée et claire ») quand il raconte, notamment, les dérives de certain(e)s membres d’un collectif pro-palestinien.
Sur le terrain et à la source
Mais malgré ses faibles moyens financiers et le bénévolat de toute l’équipe, Le Ch’ni fait vraiment du journalisme, et de terrain. Avec autour de ses « marottes » (l’extrême droite donc et «les mouvement sociaux, l’actualité des quartiers prioritaires, le marigot politico-médiatique local »…) des articles rigoureusement documentés, sourcés… Ce qui n’est peut-être pas un hasard puisque le principal journaliste de ce média, passionné d’écriture depuis toujours, a fait ses premières armes en rédigeant des pages Wikipédia, encyclopédie en ligne où rigueur et vérification des sources sont de règle. Mais Le Ch’ni, ce n’est pas que Toufik de Planoise (de son nom de plume). Une petite dizaine de personnes dont une « commission d’éthique et de déontologie » font partie de l’association type loi de 1901, éditrice de ce journal en ligne.

Scoop de scoop. © Capture d’écran du site du Ch’ni.
Journal qui, outre une intéressante revue de presse mensuelle, de jolis reportages tout en photos, les grinçants donc forcément drôles dessins de Peha et une rubrique qui dès son intitulé (Chroniques du lobby) annonce la couleur, propose des articles sur des thématiques sur lesquelles on ne l’attendait pas vraiment. Comme la défense par Billy Fumey de l’Arpitan, langue régionale. Juste parce qu’argumente Toufik « on traite des minorités au sens large et que les locutaires des langues régionales minoritaires en font partie ». Enfin, toujours avec ses petits moyens, Le Ch’ni sort même des scoops comme un important détournement de fonds par un syndicaliste ou le piratage des données des titulaires de la carte Avantages Jeunes. Dernier scoop largement relayé par la presse mainstream sans (avant rectification…) prendre la peine d’indiquer qui avait sorti l’info en premier… Donc, en l’attente de nouveaux scoops (entre autres infos que tu ne trouveras nulle part ailleurs), bonne lecture du Ch’ni (si tu n’es pas allergique à l’écriture inclusive…).
F.P.C.
✪ Le Ch’ni en ligne : https://www.lechni.info.





