Enfante d’un quartier populaire, militante depuis toute jeune d’un parti révolutionnaire, Nicole Friess n’a jamais, depuis les Seventies, lâché l’affaire. La candidate (depuis 2008) aux municipales repart pour un premier tour et nous fait faire… le tour de ses quartiers et de ses convictions.
Nicole Friess, tête de la liste Lutte Ouvrière-Le Camp des Travailleurs semble parfois avoir un rapport un peu distant avec les médias. Ne serait-ce que parce qu’elle semble tout autant en avoir un peu marre que ces mêmes médias, enfin surtout ceux bien en place sur Besançon, se contentent depuis ses décennies de militantisme de lui coller l’étiquette « d’Arlette Laguiller de Franche-Comté» (donc, du coup, peut-être ne va t’elle pas trop aimer le titre de cet article…). Big up en tous cas à Toufik de Planoise (que Nicole Friess « qui l’a vu grandir » appelle tout simplement Paul) d’avoir facilité ce rendez-vous, calé à l’Alsacien, café-resto posé à un angle du quai Vauban.

La place des Tilleuls à Palente quelque part dans les 70’s. © Jean-Claude Tupin/Mémoire Vive/ Ville de Besançon.
Pas nécessairement son coin, la Boucle, à Nicole Friess qui aujourd’hui vit à Planoise et est, depuis toujours, résidente de quartiers populaires et bigarrés. Ce sont d’ailleurs les immeubles de Palente dont les étages se sont empilés dans les Sixties qui ont vu grandir la militante-candidate. Palente où Nicole Friess décroche un bag G en 1972 dans un lycée qui vient juste de prendre le nom de Louis Pergaud. Lycée où partie intégrante « de cette génération post soixante-huitarde où ne pas faire de politique était presque ringard, de cette jeunesse qui avait envie de changer le monde », Nicole Friess rencontre des militants de Lutte Ouvrière et se dit que le « trotskisme révolutionnaire de ce parti lui va, lui convient même, beaucoup ».

NostagLip ! Cliché pris à l’occasion d’une des manifs contre la réforme des retraites. © La Cédille.
Sa famille n’est pourtant pas plus militante que ça, juste « humaniste » : enfin, maman Friess est ouvrière chez Lip en pleine lutte, sans faire grève (« il fallait que les sous rentrent à la maison » se souvient Nicole Friess) mais en réel soutien : de toutes les réunions, les assemblées générales, aux cuisines du resto solidaire qui nourrit les grévistes.
Révo-dactylo
Dès le bac, c’est pour Nicole Friess, « sténo-dactylo », l’entrée dans la vie active, dans le monde ouvrier (« une petite boite de pièces détachées pour l’automobile ») puis, après quelques concours, dans l’administration : secrétaire, rue Chifflet, à la fac de Lettres, puis dans le médical, avec le SAMU à l’hôpital Minjoz. Sans jamais perdre de vue le militantisme : elle rejoint vraiment Lutte Ouvrière en 1974 et s’affiche depuis 1977, candidate à toutes les élections locales, départementales, etc. Jusqu’à devenir tête de liste aux municipales dès 2008.
De l’international…
« Travailleurs » est le mot qui revient le plus souvent dans le discours complètement audible (au sens propre du terme et malgré le brouhaha de l’Alsacien) de Nicole Friess: parce qu’on sait ce que c’est de commencer à compter les centimes d’euros dès le 10 du mois, parce qu’on est pas mécontent non plus qu’à Minneapolis la population soit parvenue à dégager la violente police anti immigration de Trump, parce qu’on est tout aussi admiratif qu’elle de cette jeunesse iranienne qui descend dans la rue au risque de sa vie, etc, etc.
… au municipal
Mais franchement pas facile, dans le cadre de ces discussions informelles qu’on essaye d’instaurer pour les portraits politiques de La Cédille, de faire revenir celle qui se proclame « internationaliste » sur le pavé bisontin. Mais on y parvient. Même si Nicole Friess ne se fait pas des masses d’illusions sur sa possibilité de devenir maire de Besançon, elle espère toutefois grappiller quelques places de conseillers. Avec des positions claires : « la préoccupation d’un travailleur quand il se lève le matin, ce n’est pas de savoir s’il y aura une nouvelle piste cyclable, des arbres plantés place Saint-Pierre. C’est comment je vais faire pour payer mon loyer, comment je vais faire pour bouffer ». Sinon, Nicole Friess se voit bien, par exemple, accompagner les luttes sociales, accueillir en mairie les travailleuses-travailleurs en grève comme l’avait fait le maire communiste de Douarnenez en 1924 avec les ouvrières des sardineries mobilisées pour obtenir … 20 centimes d’augmentation. Avant de, pour en revenir au national sinon à l’international, définitivement « renverser le système capitaliste »…
F.P.C.
LES SEPT (ENFIN PRESQUE…) LIEUX DE NICOLE FRIESS
1. L’Alsacien : à l’angle du quai Vauban et de la Grande Rue. « Pour les flammekueche d’après une séance de ciné et parce que je trouve l’équipe vraiment sympa ».
2. Une balade au long des quais : « juste parce que je trouve ça très beau ».
3. La « magnifique » promenade Micaud : « fascinée par ses arbres extraordinaires et centenaires depuis que j’y jouais, toute gosse ».
4. Le Centre Nelson Mandela : à Planoise, « parce que j’aime ce quartier et que je trouve leur boulot extraordinaire ».
5, 6 et 7. « Je trouve presque indécent de raconter ma petite vie à Besançon et mes goûts alors que des femmes se font emmurer en Afghanistan, des gamins bombarder alors qu’ils vont à l’école, qu’il y a la guerre en Ukraine qui continue comme les massacres à Gaza, des déplacements de population au Soudan, au Tchad, partout… ».






