Un peu l’outsider de cette élection municipale, Éric Delabrousse. Fidèle depuis toujours ou presque à l’hôpital public de Besançon, le radiologue nous raconte sa vie avec la ville depuis son appartement (avec vue sur le quai Vauban) où quelques détails déco évoquent sa passion pour la médecine.
« Manque de notoriété » écrivent régulièrement nos confrères sur Éric Delabrousse. Confrères qui doivent avoir la mémoire courte puisque elles et ils ont déroulé pas mal d’interviews il y a maintenant une poignée d’années avec « le professeur Delabrousse ». Un responsable du pôle d’imagerie médicale de Minjoz qui, en pleine épidémie de Covid quand, comme il le décrit, le C.H.U. était devenu en 15 jours un « bunker », a, avec son équipe, fait une avancée majeure dans le cadre du traitement de certains malades atteints de ce virus, en affirmant la nécessité de les placer sous anticoagulants. Comme on n’y connaît rien, on ne va pas se sentir obligés de rentrer dans les détails techniques. Juste écrire que cette avancée médicale a permis de sauver pas mal de vies et a valu à Éric Delabrousse la Légion d’Honneur en 2021.

Le regretté Francis Weill, important dans la ville de Besançon et dans la vie d’Éric Delabrousse. © capture d’écran INA.
La carrière de radiologue d’Éric Delabrousse ne démarre pas à Besançon par pur hasard. Cet enfant de Roanne, étudiant en médecine à Lyon, choisit en 1995 Besac « parce que » -il lâche ça dans un sourire- « c’était la ville la plus au sud du nord », zone géographique dans laquelle devait obligatoirement se faire son internat de spécialisation après concours. Mais aussi et surtout parce qu’à Besançon exerçait Francis Weill, « père de l’échographie médicale en France » pour Éric Delabrousse, inoubliable personnage public pour un paquet de Bisontin(e)s.
Des appartements témoins
Le médecin en cours de spécialisation migre de l’internat de médecine vers un petit appartement rue Jean Petit, « super sympa, avec poutres au plafond », puis cause travaux du nouveau marché couvert, vers la rue Proudhon. Il traverse ensuite le Doubs, pour un autre appart rue Isembart puis une maison à Montrapon, rue du Clos Munier où il habite une dizaine d’années. Depuis 2017, Éric Delabrousse a décidé, avec son épouse, d’avoir son pied à terre bisontin (« pratique pour les restos, cinés… ») sur les quais, à l’aplomb de la station de tram et de la buraliste chez qui, perso, on va quotidiennement « faire le plein de fumigènes » comme le chantait Gainsbourg. Même si le candidat, tête de la liste « Besançon mérite mieux » ne se cache absolument pas d’être propriétaire d’une maison à Boussières.

La rue Jean Petit d’après la construction du marché des Beaux-Arts. © La Cédille.
Pour en revenir au « manque de notoriété », en politique, en revanche, cela peut s’entendre et le candidat en a pleine conscience : « je n’ai pas la puissance de feu des autres candidats qui ont de gros partis, de gros moyens ». Il faut écrire aussi que la politique lui est un peu tombée dessus à Éric Delabrousse. Toujours resté fidèle à l’hôpital public de Besançon même s’il aurait pu gagner plus de mille et de cents dans une clinique privée, lui est venue, un peu suggérée par Jean-Louis Fousseret, l’envie d’avoir « une version un peu plus large de la société ». Restait à trouver un parti qui corresponde « en terme de valeurs » au radiologue. C’est fait en octobre 2021, avec une carte chez Horizons, tout nouveau parti fondé par l’encore maire du Havre et ex-premier ministre Édouard Philippe qui se fend d’un coup de fil pour inciter le médecin à s’engager un peu plus et soutient aujourd’hui officiellement la campagne municipale d’Éric Delabrousse. Comme un autre ancien premier ministre, Gabriel Attal.
Le doigt dans l’engrenage
Éric Delabrousse se lance donc en politique, « met le doigt dans l’engrenage », au niveau municipal, puis départemental, intègre le comité de soutien du désormais député Croizier. Un engagement qui l’emmène aujourd’hui à se présenter comme tête de liste aux municipales avec un programme longuement muri et l’idée que l’électorat de Besançon reste sensible à un centre gauche. Même si sans jamais oublier sa jambe gauche, Éric Delabrousse s’appuie également sur sa jambe droite…
F.P.C.
LES SEPT LIEUX D’ÉRIC DELABROUSSE
1. Un bar aujourd’hui disparu mais qui a « marqué sa jeunesse », Le Corto Maltese, rue de la Madeleine. « Il faisait sombre, il y avait de la bonne musique et pour nous, internes en médecine, c’était underground ». Même si Éric Delabrousse est aujourd’hui plutôt partant pour un verre sur la terrasse au soleil de La Buvette du Conservatoire avec vue sur la place de la Révolution et le musée des Beaux-Arts.
2. L’Annexe : discrète adresse de resto de la rue du Palais de Justice. « Parce que j’adore le patron et que j’aime le cadre et… le poisson !».
3. Les Zinzins du Vin : une adresse désormais presque historique de la rue de la Madeleine qu’affectionne Éric Delabrousse parce qu’il est passionné « de vins de récoltants… de biodynamie », a même pris pas mal de cours d’œnologie.
4. La Cité des Arts : signée de l’architecte japonais Kendo Kuma. « Pour sa localisation au bord du Doubs, pour cette architecture contemporaine qui se marie très bien avec le patrimoine ancien ». Parce que l’architecture contemporaine, Éric Delabrousse en est fan, il nous a d’ailleurs également, dans le genre, cité l’ISBA, « une sorte de ville utopique ».
5. La vue depuis la place Jouffroy d’Abbans : « avec l’enfilade du pont Battant et le quai Vauban. Alors effectivement, on peut monter sur la colline de Chaudanne où la Citadelle. Mais pour moi, le panorama de Besançon, c’est ça ». Ce qui tombe bien puisque ses fenêtres bisontines donnent pile sur le quai Vauban.
6. Le parc Micaud, « le Central Park de Besançon où j’emmenais ma fille ». Et le square Saint-Amour où, quand Éric Delabrousse habitait rue Proudhon, il aimait à se poser avec un bouquin.
7. Le Palais des Sports Ghani Yalouz : « parce que je suis plutôt sports en salle. Hand-ball évidemment puisqu’on est à Besançon ». Et basket aussi puisqu’il est né à Roanne, ville dont l’équipe (la Chorale) a plusieurs fois été championne de France dont, pour la petite histoire (qu’Éric Delabrousse nous a apprise), en 2007 grâce à un entraineur d’origine bisontine, Jean-Denys Choulet.






