Le candidat de la droite (du centre et de la société civile…) ne ménage pas ses efforts pour ravir une mairie qui lui a échappée de peu aux précédentes élections municipales. Rencontre un peu speed donc pour tenter de cerner son rapport à Besançon.
Une campagne électorale demande nécessairement pas mal d’énergie. Énergie dont Ludovic Fagaut semble presque déborder, donnant même parfois l’impression sur les photos publiées sur ses réseaux sociaux d’être à plusieurs endroits à la fois, de courir encore et toujours. Et pas nécessairement dans ses spots préférés de running comme autour du fort de Bregille ou de l’ancienne Rodhiacéta : puisque c’est en traversant la Grande Rue à petites foulées, malgré le costume plutôt ajusté et les bottines Chelsea, qu’il nous a quitté au sortir d’une discussion pour laquelle -la directive était claire-, le temps imparti ne pouvait dépasser les trois-quarts d’heures.
Marais embarrassant
Rendez-vous un peu compliqué à caser dans un emploi du temps (c’est compréhensible) très chargé, finalement calé en une fin de matinée. Dommage, c’est en cette même matinée que se déclenche la mini polémique autour de la diffusion dans un peu-beaucoup plus que d’habitude de boites aux lettres bisontines du Journal du Marais de Saône dont Ludovic Fagaut fait, pour ce numéro là, la Une.

Détail du local de campagne. © Capture d’écran compte Insta du candidat.
Il faut donc à la tête de la liste Besançon, Ville Paisible, Villes des Possibles désamorcer le truc, faire le tour des médias qui réagissent dans l’instant, de France 3 à Ici Besançon. Le rendez-vous est donc repoussé en début d’après-midi. Comme on sait que nos confrères ne se privent jamais d’une question ou deux en plus, on excuse le retard de Ludovic Fagaut à ce rendez-vous d’aprèm. D’autant qu’il nous offre l’occasion de découvrir l’ambiance au quotidien d’un local de campagne : une discrète mamie qui vient s’assurer que la police municipale sera bien armée, un militant qui vient remplir le coffre de sa bagnole de programmes et de tracts, l’équipe de bénévoles permanent(e)s qui galère à faire couler plus d’une goutte de la machine à café… Et tout ce petit monde arbore, à l’américaine, le voyant badge officiel de campagne.
De Saône à la vue sur le Doubs
Enfin, arrive Ludovic Fagaut. Comme le sujet journalistique du jour semble avoir les deux pieds dans le marais de Saône, on ne peut s’empêcher de poser comme première question, – rapport à cette petite musique de fond jouée depuis pas mal de temps à Besançon : « est-ce que vous habitez toujours à Saône ? ». Réponse catégorique dans un sourire entre détendu et crispé : « je ne me suis jamais caché d’avoir une maison à Saône, vendue depuis un petit moment. J’ai toujours eu un appartement à Besançon, avenue Clémenceau où j’ai habité trente ans. Et j’ai aujourd’hui une maison aux Montboucons».
Ciotti or not Ciotti
Retour aux Montboucons donc pour Ludovic Fagaut, quartier où il a fait ses études, à partir de 1996, dans le bâtiment résolument contemporain qui abrite la fac de sport (on dit UFR STAPS, officiellement). Ludovic Fagaut arrive de Montbarrey, village de cette ample vallée ( poétiquement appelée Val d’Amour) que dessine la Saône en amont de Dole. Dole où Ludo comme l’appelle ses soutiens a fait toutes ses études, avec un passage par le lycée Mont-Roland. Normal, ce lycée catho : les parents le sont, militants gaullistes aussi. Avec un papa qui se présente aux élections municipales de Montbarrey et un fiston unique qui fait « ses premières armes politiques » en collant des affiches pour la campagne doloise de Gilbert Barbier. Un héritage familial clairement revendiqué par Ludovic Fagaut, comme ces valeurs qui lui ont « été inculquées par (ses) parents : travail, mérite, abnégation… Je ne vais pas m’en cacher, je suis de droite, de cette droite républicaine, respectueuse des institutions ». D’ailleurs, Ludovic Fagaut encarté au R.P.R. de l’époque, au mitan des années 90, affirme avoir « rendu (sa) carte quand Monsieur Ciotti a vendu Les Républicains, le temps qu’il clarifie les choses »… Précision presque obligée venue de celui que nombre de ses opposant(e)s affublent du sobriquet de « Ciotti Bisontin »…

Le bâtiment des années de fac de Ludovic Fagaut. © Jean-Paul Tupin/Mémoire Vive/Ville de Besançon.
Revenons à l’UFR STAPS de Besac où Ludovic Fagaut poursuit, outre des études qui conduisent à l’obtention d’un CAPES en 1999, sa formation politique puisqu’un prof s’appelle Jacques Grosperrin, actuel sénateur Les Républicains du Doubs. Les hasards des affectations de l’Éducation Nationale emmènent le désormais prof de sport (on dit E.P.S., officiellement) de la banlieue parisienne à Saint-Amour, pas le village du Beaujolais mais celui du Jura. Dans un lycée pro où il s’ennuie un peu, ce qui l’amène à passer le concours de chef d’établissement. Donc principal de collège, Ludovic Fagaut devient. Et là encore, les hasards des affectations le font tourner autour de Besançon, de Saône à aujourd’hui Pouilley-les-Vignes.

« La France appartient à ceux qui se lèvent tôt » : lever de soleil sur Besançon depuis les Montboucons. © Ludovic Fagaut (capture d’écran de sa page Facebook).
Bon, il faudra, quand il aura un peu plus de temps, qu’on demande à Ludovic Fagaut de nous filer quelques bons plans que nous aurions loupés à Besançon. Parce pour le candidat : « il n’y a pas un lieu qui m’échappe à Besançon, 30 ans que j’y vis, 12 ans que j’y suis élu, donc je la maitrise cette ville, j’en maitrise tous les quartiers ». Une tête de liste qui s’affirme aussi « très attaché à (sa) ville, longtemps très impliqué dans la vie associative : je me suis par exemple occupé de la préparation physique des filles du Racing de Besançon ». Parce que le sport est fondamental dans sa vie, entre foot et vélo, en témoignent les maillots qui pendent sur cintres à l’entrée de son local de campagne. Ce qui ne l’a pas empêché pendant ses années étudiantes, de faire également « après l’entrainement » la tournée des bars de la ville. Avec cette précision : « à l’époque, quand on sortait il n’y avait pas cette insécurité qu’il peut y avoir aujourd’hui ». Pour s’y embarquer encore souvent dans cette tournée des bars de la ville en général et de Battant en particulier (pour des raisons professionnelles, seulement, hein…), on va écrire que c’est peut-être juste une question de ressenti…
F.P.C.
LES SEPT LIEUX DE LUDOVIC FAGAUT
Ouais, on sait que c’est plus que relou ce genre de classement, les questions du genre « quel disque tu emmènerais sur une île déserte ? ». Donc Ludovic Fagaut (comme toutes et tous celles et ceux qu’on a rencontré pour cette rubrique) a un peu biaisé, nous a filé deux -sinon plus- lieux en un, parce que « si l’on dit l’un, pourquoi ne pas dire l’autre ».
1. Les Sept Collines : toutes et tous ou presque les candidat(e)s nous on fait le coup ! « Des lieux magiques » pour Ludovic Fagaut, « on est tout de suite dans la nature avec une vue sur la ville comme depuis où j’habite, la rue du fort des Montboucons ». Bon, les Montboucons ne sont pas officiellement une des sept collines mais, allez, on accepte .
2. Les gymnases : « pas nécessairement le palais des Sports mais Jean-Zay, Diderot… Des lieux où l’on sent battre le cœur de notre ville grâce au tissu associatif de Besançon ».
3. La Boucle : « parce qu’elle a son charme, ses spécificités » et que ce n’est pas un hasard si Besançon a été classée « Ville d’art et d’Histoire ».
4. Le Doubs : « un lieu à part, vraiment majeur tout simplement, auquel on a trop longtemps tourné le dos ». Et Ludovic Fagaut d’y imaginer pas mal de trucs dont des courses de bateaux-dragons.
5. Les bars aujourd’hui disparus de la jeunesse étudiante de Ludovic Fagaut dont le Corto Maltese, « vraiment un lieu festif » ou ceux imaginés par le plus que regretté Souris, le Building et le Pop Hall.
6. Le Bistro Rétro du 44 de la rue Bersot. « Un lieu qui me parle comme tel. C’est ma génération, des quinquas, des amis… ». « Sinon, je me sens bien partout dans Besançon ».
7. Les marchés : «que je sois à Palente le samedi matin, aux Époisses le vendredi matin, sous le marché couvert le dimanche : des lieux de vie avec des ambiances différentes mais qui représentent Besançon dans sa diversité ».






