Entre récup, débrouille et mains dans le cambouis, Les Manivelles militent depuis 2009 pour la pratique du vélo urbain. Mais, lachée par les subventions, cette asso craint de voir son avenir se dégonfler…
Rétropédalons : l’aventure des Manivelles débute à la fin de 2009 sur le campus de la Bouloie. À l’époque, ce sont les étudiant(e)s que vise, sous le nom de Vélocampus, cette asso loi de 1901. But affiché : faire prendre conscience que, comme moyen de locomotion, le vélo est juste parfait pour apporter une réponse à quelques grands enjeux de ce XXIe siècle qui termine sa première décennie ; enjeux environnementaux évidemment, mais aussi économiques et sociaux. Chez Vélocampus, on trouve donc des vélos d’occas à prix d’amis et tout, si tu acceptes de mettre les mains dans le cambouis, pour donner une nouvelle vie au biclou qui rouillait doucement dans ta cave…

Pour ne plus dérailler. © Corentin Humaire/Les Manivelles
Cet « atelier d’autoréparation » déménage, en 2017, rue d’Arènes, à l’orée de Battant. Et s’il n’est nul besoin désormais de sortir ta carte d’étudiant pour y accéder, le concept reste le même : des vélos retapés à acheter à pas cher et un atelier où (moyennant une cotis annuelle à pas chère non plus) apprendre à réparer toi-même ta monture avec, à disponibilité, outils, pièces détachées (l’occasion de découvrir ce qu’est un étrier de frein) et l’aide bienveillante et précieuse de bénévoles qui si elles et ils ne se revendiquent pas comme mécanos pros maitrisent le sujet. Et le lieu se veut (et le prouve encore régulièrement) festif avec des Vélorutions bisontines qui s’y terminent souvent en dansant.
Changement de braquet
Les Manivelles changent de braquet en 2022, en s’installant, rue Battant, dans le vaste espace qu’offre le rez-de-chaussée du plus bel édifice de la rue : l’hôtel de Champagney. Sous le bien vieux plafond à la française, l’histoire des Manivelles se poursuit, avec les mêmes valeurs. L’association vit sa vie grâce à aujourd’hui à la louche 70 bénévoles et 650 adhérent(e)s. Mais bon, tout ça ne suffit pas à payer le loyer et les deux salarié(e)s à temps partiel… D’autant que comme (beaucoup trop…) d’autres associations, Les Manivelles se sont récemment vu sucrer leurs subventions de fonctionnement.
Vélo-École
Donc, si tu dérailles, pète un câble (de freins) ou perd les pédales (bizarre, au passage, comme un paquet d’expressions de la langue française associe à la santé mentale, le vocabulaire lié au cyclisme…), tu peux adhérer à l’asso pour y réparer ta bicyclette avec tes petites mains. Tu peux même y verser une cotisation ou faire un don sans nécessairement appuyer sur les pédales au quotidien, devenir bénévole (nul besoin d’être un champion de la mécanique vélo), y acheter un vélo vintage ou offrir aux Manivelles celui dont tu sais qu’il ne te servira plus jamais. Voire même, si tu n’as jamais su tenir sur deux roues ou flippe à l’idée de t’insérer dans la circulation automobile à bicyclette, t’inscrire aux cours dispensés par l’équipe des Manivelles. Enfin bref, soutenir ce lieu qui a tout pour mériter le qualificatif d’indispensable.
F.P.C.
✪ Les Manivelles : 37, rue Battant (Battant, naturellement). https://lesmanivelles.org/. Accès : bus ligne 8, arrêt Battant.






